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30/07/2007

Anglophonie en blog!

Ouvrir un blog sur la francophonie… cela revient rapidement à parler de l’anglais. Nos discussions le montrent.
Débats sur l’anglais langue facile ou au contraire pleine de subtilités, sur l’anglais tout puissant dont il faudrait absolument parvenir à contrer l’influence…
Sacré cousin, que cet anglais dont nous ne parvenons jamais à nous détacher totalement !

Devant cette langue, nous évoquons bien souvent des grandeurs passées… Guillaume le Conquérant qui impose le français auprès de la noblesse anglaise, le français langue des tsars de Russie et des élites de très nombreux pays, et d’ailleurs toujours aujourd’hui langue officielle de l’escrime internationale…
Excusez mon ironie relative sur ces éléments. Elle est déplacée. Ces positions sont enviables.

Néanmoins, je crois que nous serons longtemps condamnés au ridicule si nous ne sortons pas de la logique d’affrontement dans laquelle on estime que le français se développera en gagnant des parts de marché sur l’anglais.
Encore une fois, je considère véritablement que le contexte linguistique de demain va beaucoup évoluer. Il faudra envisager ces éléments sur ce blog, réfléchir notamment aux évolutions technologiques considérables qui vont introduire une nouvelle donne autour des problématiques de l’enseignement des langues.
Mais surtout, arrêtons de considérer que parler une et une seule langue soit une donnée première, logique et indépassable. Presque la moitié de la population de ce monde vit dans un environnement multilinguistique… et qu’on le veuille ou non, il faudra bien accepter de désaxer un peu notre égocentrisme en la matière.
Sur ce terrain, nous sommes probablement encore dans une perception préhistorique des choses. Qu’un Français, qu’un Allemand apprennent l’anglais en première langue étrangère… ça ne me dérange aucunement. Que cette langue domine afin d’assurer une certaine intercompréhension, encore moins, sous certaines réserves. La semaine dernière, quelqu’un disait que cette place était « peu enviable ». Je n’en suis pas certain, loin de là, mais pour le moment les faits sont posés. L’anglais est la grande langue de l’intercompréhension au niveau planétaire. Tant pis ou tant mieux. Ce sont des faits. C’est une base de travail.

Car il y a de la place "derrière", et même une place gigantesque, à considérer selon les théories économiques. Les besoins en matière linguistique ne sont pas des besoins fermés. La problématique n’est pas l’anglais ou le français, le français ou le thaï, l’ouzbek ou le breton … Nos intelligences sont capables de beaucoup et les besoins de communication dans le monde de demain où les interconnexions se multiplieront quasiment à l’infini seront énormes.
Surtout...cet « arrière plan » ne constitue pas les restes d’un festin… car ce seront sans doute ici que se situeront les véritables enjeux liés à des évolutions stratégiques de rapports de force entre états. C’est ici que la francophonie doit s’installer, une francophonie décomplexée qui aura compris ce que parler veut dire.

Arnaud PANNIER

27/07/2007

Chose promise, chose due...

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Nous plaisantions lundi dernier à propos de la vanité des Français. Je souhaitais à cette occasion me mettre sous le patronage du plus illustre, et du plus humain, de ses pourfendeurs:

 "L'esprit est toujours la dupe du coeur." Maxime 102

"On peut dire que les vices nous attendent dans le cours de la vie comme des hôtes chez qui il faut successivement loger ; et je doute que l’expérience nous les fît éviter s’il nous était permis de faire deux fois le même chemin. " Maxime 191

 " La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu’il faut, et à ne dire que ce qu’il faut. " Maxime 250

" On a fait une vertu de la modération pour borner l’ambition des grands hommes, et pour consoler les gens médiocres de leur peu de fortune, et de leur peu de mérite. " Maxime 308

" Pourquoi faut-il que nous ayons assez de mémoire pour retenir jusqu’aux moindres particularités de ce qui nous est arrivé, et que nous n’en ayons pas assez pour nous souvenir combien de fois nous les avons contées à une même personne ? " Maxime 313

" Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent. " Maxime 409.

LA ROCHEFOUCAULD

25/07/2007

Le Cadre Commun de Référence.

Tout cela donc pour dénoncer l’attitude frileuse qu’en tant qu’individus, les Français conservent encore vis-à-vis des langues étrangères.
Or la politique linguistique de l’Union Européenne pourrait nous aider à franchir certaines limites. Qu’elle est-elle ?
L’objectif de cette politique reste certes « idéal ». Dans une Union linguistiquement harmonieuse, il faudrait que dans un petit périmètre, toutes les traductions croisées puissent s’effectuer de façon efficace. Pour ce faire, chaque jeune Européen devrait donc « maîtriser » au moins deux langues de l’Union en plus de sa langue maternelle. Par ailleurs, les systèmes éducatifs de chaque pays, en encourageant une diversité suffisante dans le choix des langues par les élèves, faciliteraient la réalisation de toutes les combinaisons linguistiques possibles.
Il s’agit là, bien entendu, d’un modèle vers lequel il faut tendre et qui me paraît particulièrement pertinent.

Pour aider à la mise en œuvre pratique de ces objectifs tout à la fois éducatifs et politiques, un outil a été créé : le Cadre Commun de référence.
Ce lien vous conduira vers le document qui organise la démarche : http://www.coe.int/T/DG4/Portfolio/documents/Cadre%20de%20reference%20avec%20hyperliens.pdf

En gros, et si je redescends au niveau pratique, chaque apprenant se verra remettre au début de l’année scolaire  un    « passeport de langues » qui lui permettra d’évaluer son niveau selon une grille découpée en différentes strates : A1,   A2, B1, B2, C1, C2.
Ces passeports sont édités chez Didier.

Chacune de ces strates envisage différentes compétences requises dans la maîtrise d’une langue : comprendre – lire – parler – s’exprimer oralement en continu – écrire.
Des paliers sont ainsi définis et une méthodologie accompagne cette structure de façon à convaincre chaque apprenant que ses compétences en telle ou telle langue définisse une opportunité pratique de communication. Certains niveaux deviendront donc des références. Ainsi, on pourra attendre d’un bachelier qu’il soit de niveau C1 dans sa première langue étrangère et B2 dans la seconde. On peut penser aussi au potentiel de cette harmonisation européenne par exemple sur le marché de l’emploi. Un Grec ou un Finlandais diront la même chose en déclarant sur leur CV qu’ils maîtrisent le français à un niveau C1.

L’élève ne se trouve donc plus devant une interrogation quasi existentielle «parler ou ne pas parler, that is the question! ». Le système éducatif lui délivre un message beaucoup plus clair « Voici ce que tu es capable de faire » … un système qui devra cependant aussi davantage mettre en situation cet élève afin de lui dire « Maintenant, fais le ».
Nous avons ici un outil très utile qui pourrait grandement servir la pédagogie des langues étrangères, en France notamment.

Arnaud PANNIER

 
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