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28/08/2008

Discours de Pierre BOURGAULT, 1966

Voici le discours, engagé et polémique, que Pierre BOURGAULT prononçait en 1966. Ce discours mettait en avant le besoin, pour une langue, d'être utile pour apparaître légitime. Cette utilité possède dans sa bouche une forte résonnance économique. 42 ans plus tard, avouons le, le discours n'a pas pris une ride!

 

21/08/2008

Langues régionales et réforme consititutionnelle

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Le 21 juillet dernier, voici un mois jour pour jour, le Conseil Constitutionnel se prononçait en faveur de réformes dont l’importance a sans doute été minorée par le médiatique clivage gauche/droite.

La réforme la moins exposée (et qui apparaît comme la moins importante aux yeux des Français) est la déclaration favorable aux langues minoritaires dont certains régionalistes se sont empressés de dénoncer les limites. Pour eux, la disposition légale doit aller au-delà de la simple reconnaissance des langues régionales en affirmant leur appartenance au « Patrimoine national ».

Sans doute, la position tenue par le Conseil Constitutionnel est-elle encore timide. Pourtant, il faut noter la « nouveauté » d’une telle dynamique. Alors que la quasi-totalité des membres de l’Union européenne ont signé une déclaration en faveur de la promotion des langues européennes minoritaires partout où elles existent, il ne faut pas oublier que la France est restée volontairement à l’écart du dossier. Tout au moins a-t-elle signé la Charte européenne sur les langues régionales tout en refusant de la ratifier.

Curieuse position qui s’explique aussi par l’Histoire. Si Louis XIV a construit son pouvoir « solaire » en supprimant la plupart des prérogatives politiques des régions historiques, ce sont les révolutionnaires qui ont imposé la dynamique centralisatrice sur laquelle a fonctionné la langue française durant près de deux siècles. Si le français a longtemps cohabité avec de nombreuses langues régionales, il les a progressivement réduites à l’état de patois, notamment en les privant de la reconnaissance associée à l’institution scolaire. Le breton, le provençal, le basque sont aujourd’hui, à des degrés divers, en position de faiblesse et risquent bel et bien, à terme, de disparaître.

Malgré le chant qu’une langue abandonne derrière elle, il est bien peu probable qu’elle ne renaisse un jour de ses cendres. Il serait donc peut-être temps que les gestes politiques en faveur des langues régionales soient plus ambitieux et ne contraignent pas la France au « grand écart » permanent. Comment en effet militer pour la diversité linguistique dans les institutions internationales quand on ne reconnaît pas ce principe dans la valorisation de son propre patrimoine ?

 

 

A voir : la carte des langues régionales dans le fichier photo : "quelques cartes malgré tout..."

14/08/2008

Le français au Sénégal : qui en veut?

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De : Ousmane SANKHARE

 

 

C’est par le Sénégal que la langue française a été introduite en Afrique. Notre pays est, en effet, la première colonie où fut ouverte une école française, précisément à Saint-Louis. Autant dire l’ancienneté de cette langue sur notre territoire national, qui a révélé en 1920 le premier écrivain africain, Amadou Mapathé Dia-gne, l’auteur des Trois volontés de Malic, et surtout le premier agrégé de Grammaire et  académicien noir Léopold Sédar Senghor, le père de la Francophonie.
Mais voilà qu’aujourd’hui, le Sénégal est en passe de devenir le pays d’Afrique où l’on parle le français le plus fautif et le plus incorrect. Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs raisons pourraient expliquer cette régression du niveau des Sénégalais en français. Il est possible de dénoncer l’état catastrophique où se trouve l’Ecole sénégalaise avec ses effectifs pléthoriques, son système de double flux, ses cohortes de volontaires ou de vacataires qui en savent très souvent moins que leurs élèves ! A cela, s’ajoute la réduction scandaleuse du temps de travail qu’entraînent les innombrables fêtes et jours fériés, sans compter les multiples grèves et vacances scolaires. Hostile à la maîtrise du français est aussi l’environnement intellectuel des Sénégalais qui, dans les textes officiels, les inscriptions et les journaux ne voient et n’entendent que du français débrouyé.

Mais le mal le plus profond et le plus insidieux réside dans ce nationalisme de mauvais aloi qui revendique, comme le dit l’écrivain Mamadou Traoré Diop, «le devoir patriotique de mal parler le français». Telle semble être, du reste, l’opinion de certains linguistes autoproclamés, qui ont l’art de faire de l’enseignement des langues nationales un fonds de commerce politicien et qui prétendent qu’aucun Etat ne s’est développé avec l’usage d’une langue étrangère. C’est simplement ignorer que le français n’est pas né sur le sol de l’Hexagone, que la langue de Molière est plutôt celle de Jules César. C’est bien ce conquérant romain qui, en 52 avant J.-C., battit les Gaulois de Vercingétorix à Alésia et leur imposa sa langue, le latin, qui, par suite d’une évolution historique, a donné naissance au français.
Dès lors, il devient  patent que le français constitue, pour nous autres Africains, un précieux patrimoine culturel que nous a légué la colonisation française, au même titre que les Français eux-mêmes qui ont reçu cette langue de la colonisation romaine. Mieux, la diversité linguistique représente une grande richesse que nous devons sauvegarder en nous enracinant dans notre civilisation par l’étude de nos langues nationales et en nous ouvrant aux autres peuples par l’acquisition des langues étrangères les plus parlées à travers le monde.
Comme le français nous est échu en partage par le biais de l’histoire, efforçons-nous, sans complexe, de nous l’approprier et de le maîtriser. Voilà l’objectif pédagogique que se propose la rubrique Français débrouyé que nous avons l’honneur d’animer dans ces Cahiers de vacances. Nous vous saurions donc gré de bien vouloir nous interpeller sur les questions de langue qui vous préoccupent. Et c’est avec un immense plaisir que nous tâcherons alors  d’engager le dialogue avec vous,  lecteurs du Quotidien. Bonnes vacances francophiles !

 

 

Source : http://www.lequotidien.sn/

Article du professeur Oumar SANKHARE dans le journal sénégalais "le Quotidien".

 

 
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