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30/11/2008

Abdou DIOUF au talk de Paris (partie 2)

 

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M. Ulysse GOSSET.- Quel est le chef d'état qui, aujourd'hui, se bat le plus pour la Francophonie ? Est-ce le chef de l'état français ?


M. Abou DIOUF.- En tout cas, je sais qu'il se bat beaucoup pour la Francophonie. Je peux le dire. Je peux apporter un témoignage. Je l'ai vu.


M. Ulysse GOSSET.- Même s'il n'a pas assisté à la dernière journée du sommet ?

M. Abou DIOUF.- Ah si, si, si !

M. Ulysse GOSSET.- Il a dû aller à Washington.


M. Abou DIOUF.- Il a assisté au sommet. Il a été présent. Il a prononcé un discours très mobilisateur à l'ouverture du sommet, et il est resté jusqu'au samedi. Il a assisté à la signature de la convention entre moi-même et M. Joyandet pour la Maison de la Francophonie qu'il met à notre disposition, ce dont nous le remercions encore une fois. C'est seulement après cet acte qu'il est parti, et M. Fillon était déjà là avec lui. Monsieur Fillon est resté jusqu'à la fin, jusqu'à la conférence de presse finale.

M. Ulysse GOSSET.- Qui est le meilleur chef d'état, le meilleur militant pour la Francophonie ?


M. Abou DIOUF.- Je ne peux pas le dire. Il y en a beaucoup. Je ne suis pas là pour noter les chefs d'état.

M. Ulysse GOSSET.- Vous êtes diplomate !


M. Abou DIOUF.- Non, je peux dire que, vraiment, à Québec, j'ai senti un engagement très fort de tous les chefs d'état, des gouvernements et des délégations présentes. C'était vraiment très réconfortant. Vous avez dit que nous avions été occultés par la crise financière, ce n'est pas mon opinion.

M. Ulysse GOSSET.- Hélas, hélas!


M. Abou DIOUF.- Ce n'est pas mon opinion. Je crois que la Francophonie non seulement a été présente, que ce sommet a été bien médiatisé. En plus, la Francophonie a eu la chance d'être la première organisation nord/sud à se prononcer sur cette question de la crise financière.

M. Ulysse GOSSET.- Effectivement.


M. Abou DIOUF.- Et le Président Sarkozy est parti à Washington avec l'onction de tous ses pairs qui étaient avec lui, et les encouragements de tous ses pairs qui étaient avec lui à Québec. Je crois que la Francophonie a joué un rôle mobilisateur. Dans ce domaine, nous n'avons pas les solutions. Ce n'est pas l'organisation en tant que telle qui détient les solutions à la crise financière mais nous pouvons avoir un rôle de mobilisation, de mobilisation politique, et cette mobilisation politique a existé et continuera d'exister.


M. Ulysse GOSSET.- Quel parcours Monsieur le Président ! Le plus important, c'est peut-être que vous avez été l'un des Chefs d'état qui a assuré cette transition de façon démocratique alors que vous aviez été très longtemps au pouvoir. Vous avez passé le flambeau au Président Wade. Vous ne regrettez pas aujourd'hui de voir qu'encore beaucoup d'états africains sont victimes de la guerre civile, des luttes, des rivalités de pouvoir, un peu comme au 19e siècle alors qu'on est déjà au 21e ?


M. Abou DIOUF.- Oui, c'est une des tragédies de notre époque, une des tragédies de notre continent. Le pouvoir, c'est le pouvoir du peuple. Si le peuple ne nous fait plus confiance, il faut partir. Il faut savoir partir, il faut être loyal vis-à-vis de ce peuple qui est le vrai souverain. Je pense que tous les chefs d'état africains devraient avoir à coeur de construire des démocraties apaisées.


M. Ulysse GOSSET.- On a le sentiment que les grands chefs africains, au sens noble du terme, sont de plus en plus rares. Il y en a encore quelques-uns, mais où sont-ils donc ? Qui sont les pilotes dans l'avion africain aujourd'hui ?


M. Abou DIOUF.- Oui mais je pense que les crises créent les grands chefs. La génération de l'indépendance a eu à se battre justement pour obtenir l'indépendance. Cela a été son vrai titre de gloire. A se battre aussi pour construire des états, cela a été aussi son deuxième titre de gloire. Nous, qui sommes venus après, nous avons continué (et vous l'avez dit) non seulement à construire des états mais aussi à construire des démocraties pluralistes, modernes, des états respectueux des droits de la personne, des droits de l'Homme, des libertés. Construire aussi des économies solides, et malheureusement, dans les conditions difficiles. Moi, j'ai l'habitude de dire que j'ai gouverné dans la douleur parce que ma présidence a été marquée par les programmes d'agissements structurels. Je ne les voue pas aux gémonies, c'était des programmes d'agissements nécessaires. Cela m'a permis, au moment de partir du pouvoir, de laisser tous les clignotants au vert. Je ne les condamne pas.

M. Ulysse GOSSET.- Aujourd'hui, on approche d'une période difficile pour l'Afrique.


M. Abou DIOUF.- Je dis quand même que c'est dans les crises que se révèlent les chefs. Maintenant que nous sommes dans cette crise la, nous allons voir justement. Vous allez voir que les caractères bien trempés vont se révéler parce que cela va être une crise particulièrement difficile à gérer pour tous les chefs d'état africains.


M. Ulysse GOSSET.- Certains disent même qu'avec la récession et la raréfaction des crédits, une très forte menace pèse sur la croissance de l'Afrique. On a assisté au développement d'une nouvelle génération d'Africains, de businessmen, d'entrepreneurs. Aujourd'hui, tout cet élan risque d'être brisé par la crise. N'y a-t-il pas pour l'Afrique un danger quasiment vital, un danger de mort en raison de la récession actuelle ?


M. Abou DIOUF.- Non, mais il y a des risques certains. Le premier risque, c'est que l'aide publique au développement risque de se tarir. Mais j'ai compris que tous les pays développés auront à coeur de maintenir l'aide publique au développement, et de continuer l'effort pour atteindre les 0,7 % du PNB en faveur de l'aide publique au développement.
M. Ulysse GOSSET.- Vous en êtes sûr ?


M. Abou DIOUF.- Je pense que c'est pour eux non seulement une question d'honneur, mais une question de solidarité.

Je suis le Secrétaire Générale de la Francophonie. L'une des valeurs cardinales de mon organisation, c'est la solidarité. Tout ce que j'ai entendu de tous les chefs d'état de notre organisation, des chefs d'état du nord, c'est qu'ils auront à coeur de continuer l'effort pour aider au développement.


M. Ulysse GOSSET.- Pas de menace sur l'Afrique en tant que telle ?


M. Abou DIOUF.- Je n'ai pas entendu. J'étais aux Journées européennes du développement à Strasbourg, et dans tous les discours que j'ai entendus, c'était la même rengaine de la part des pays africains : que cette crise ne fasse pas oublier nos problèmes de la part des pays du nord. "Oui, cette crise ne nous fera pas oublier nos engagements vis-à-vis de l'Afrique."

M. Ulysse GOSSET.- On va en reparler. Je voudrais que l'on revienne un instant à la Francophonie avec une question d'un journaliste important qui a écrit beaucoup sur la culture française, qui revient pour nous, sur le "Talk de Paris", sur l'avenir et sur le lien entre la langue française et la culture de la France. Ecoutons-le l'ensemble. Il s'agit de Don Morrison.


M. Don Morrison.- (interprétation) Monsieur Diouf, au 19e siècle, et pendant la moitié du 20e siècle, la France était un pays phare au niveau de la culture dans le monde. Ce n'est plus le cas. Certains disent que si la culture française est en train de décliner, c'est parce qu'elle est majoritairement produite en français et que cette langue est de moins en moins pratiquée. Partagez-vous cette analyse ?


A l'avenir, pour être forte, la culture française devrait-elle privilégier l'emploi de l'anglais puisque cette langue semble s'imposer partout ? La moitié des morceaux de musique produite en France est déjà chantée en anglais. Alors que va devenir la langue française si la France veut vraiment que sa culture ait un impact au-delà de sa frontière ?

M. Ulysse GOSSET.- Votre réponse ?


M. Abou DIOUF.- Je pense que cette question devrait être posée à un dirigeant français parce qu'il a parlé de culture française.

Je parle des cultures francophones au pluriel.

M. Ulysse GOSSET.- Bien sûr.


M. Abou DIOUF.- Je considère d'abord la langue, comme je l'ai dit au début, et cette langue n'est pas morte. Elle n'est pas en danger. Elle est dans une situation ambiguë simplement parce que, dans les organisations internationales, de plus en plus, les documents sont évidemment produits en anglais en premier lieu, alors que même le français est langue de travail.

M. Ulysse GOSSET.- Même pour toutes ces cultures francophones, pas simplement la culture française, n'y a-t-il pas une nécessité, dit notre interlocuteur, de travailler en anglais pour développer les cultures ?


M. Abou DIOUF.- Je dis encore une fois que le français n'est pas mort. Même dans les pays anglophones, aujourd'hui, vous avez une grande demande de français.


Moi, je sais que dans notre Organisation… Et je recevais hier l'ambassadeur du Ghana. Le Ghana est un pays anglophone. Il est enclavé entre des payes francophones. Le Ghana développe de plus en plus l'enseignement du français. Le Nigeria a la même politique, et d'autres pays de par le monde ont à la même politique. L'Ethiopie a la même politique. Je dis donc que c'est un faux problème.


Cela dit, j'étais à Strasbourg l'autre jour et, dans mon discours, j'ai fait une citation de Shakespeare. J'ai dit à la foule "Ne vous étonnez pas que le Secrétaire Général de la Francophonie fasse une citation de Shakespeare." Je l'ai faite en français. J'ai dit "Parce que Shakespeare est un génie universel". Le problème n'est pas ce problème-là. Le problème, c'est que toute culture, quelle qu'elle soit, doit être échangée. Nous sommes dans le monde de l'échange, au niveau des marchandises et des cultures. Qui dit échange dit traduction dans des langues étrangères.


Par conséquent, il est normal que les produits de la culture française ou des cultures francophones puissent avoir leur traduction en anglais, en allemand, en espagnol, en portugais. Où est le problème ?

 

27/11/2008

Abdou DIOUF au Talk de Paris (partie 1)

 

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Retranscription d'une interview de France 24 : le Talk de Paris, avec M. Abdou DIOUF.

M. Ulysse GOSSET.- Bienvenue sur France 24 pour cette nouvelle édition du "Talk de Paris".


La crise financière qui secoue la Planète a fait une victime inattendue : le dernier sommet de la Francophonie qui s'est tenu au Québec et dont les travaux ont été quelque peu éclipsés par l'effondrement des bourses et les menaces de récession mondiale. Face au déclin vertigineux du français et aux appétits de Google, la Francophonie est-elle devenue une utopie ? Une utopie concrète certes, mais une utopie tout de même. Comment assurer la défense de la langue de Molière en pleine mondialisation?

Y a-t-il une troisième voie possible ?


Pour répondre à toutes ces questions, notre invité est le Secrétaire Général de la Francophonie, ancien Président du Sénégal, Abou Diouf, l'une des grandes figures de l'Afrique francophone. Nous allons d'ailleurs lui demander quelles sont les conséquences pour l'Afrique de ce séisme financier qui met en péril l'aide au développement.


Bonjour Monsieur le Président.

M. Abou DIOUF.- Bonjour Monsieur Gosset.


M. Ulysse GOSSET.- Lors du dernier sommet survenu au Québec, vous avez lancé un véritable appel aux chefs d'état présents, y compris Nicolas Sarkozy, un appel à un véritable militantisme en faveur de la Francophonie. Avez-vous été écouté ?


M. Abou DIOUF.- J'ai été écouté, et j'ai été entendu. Maintenant, évidemment, les mots ne suffisent pas, les intentions non plus. Les déclarations de principe ne suffisent pas, ce sont les actes qui doivent suivre. Nous verrons d'ici le prochain sommet si la volonté politique traduite à Québec très fortement se manifestera sur le terrain au niveau de tous les pays francophones et dans les organisations internationales aussi où nous avons l'impression qu'il n'y a pas suffisamment d'agressivité pour obtenir que le français ait toute sa place dans ces organisations internationales.


M. Ulysse GOSSET.- On voit que le président du CIO, par exemple, doit aller se défendre à Pékin pour obliger que le français soit véritablement la deuxième langue des Jeux Olympiques. On a même envoyé un émissaire français pour s'en assurer. Cela veut dire que c'est un combat de tous les instants. Vous appelez au militantisme des chefs d'état. C'est une lutte permanente ?

M. Abou DIOUF.- C'est une lutte permanente, le militantisme des chefs d'état, le militantisme de leurs gouvernements, le militantisme des populations, celui des sportifs.


Vous parlez de Pékin. En fait, à Pékin, j'ai désigné M. Jean-Pierre Raffarin comme grand témoin francophone. Je ne me suis pas me contenter de cela, j'y suis allé moi-même. Je peux vous dire que par rapport aux Jeux Olympiques précédents, nous avons fait de grands progrès à Pékin. Les Chinois ont bien fait les choses. C'est la première fois que la Francophonie signe avec le Comité d'Organisation une convention pour le respect du français.


Vous savez, juridiquement, le français est la première langue. C'est le français et l'anglais. En cas de litige, c'est le français qui fait foi mais il y a loin entre le droit et la pratique.


Je crois qu'à Pékin, nous avons réussi à redresser la barre. Une dynamique a été créée, et c'est une dynamique que nous voulons accompagner à Vancouver et à Londres.

 
M. Ulysse GOSSET.- Vous savez bien qu'il y a des critiques contre la Francophonie, contre l'organisation que l'on accuse d'être une forme d'ONU des Nations Unies sans moyens, une sorte de "grand machin" comme disait le Général de Gaulle, un peu mou, qui ronronne. Que dites-vous à ceux qui disent que c'est "une ONU sans moyen" ?


M. Abou DIOUF.- C'est une méconnaissance grave de la Francophonie. La Francophonie est présente et attractive. Une organisation qui ronronne, qui n'est pas efficace ferait l'objet d'une telle cours ? Combien d'états demandent à chaque sommet à rejoindre notre organisation ?


Aujourd'hui, nous sommes 70 états et gouvernement membres de la Francophonie, membres à part entière, membres associés et membres observateurs. Je crois que c'est un mauvais procès. Et je ne veux pas m'étendre là-dessus.


M. Ulysse GOSSET.- Effectivement, vous l'avez dit, un tiers des états de la Planète sont membres. C'est énorme ! Vous êtes puissants, vous avez de l'argent, et pourtant l'anglais domine.


M. Abou DIOUF.- Je ne dis pas que nous avons de l'argent. L'anglais domine depuis quand ?


Bien avant la création de la Francophonie. L'anglais domine depuis la Première guerre mondiale et la Deuxième guerre mondiale, ce n'est pas le problème. Nous ne sommes pas pour une hégémonie anglophone, nous ne sommes pas pour un exclusivisme francophone, nous sommes pour un monde de diversité. C'est dans la diversité linguistique et culturelle que le monde doit trouver son équilibre et s'enrichir. Voilà quelle est notre position.


Le français est très demandé, contrairement ce que qui se dit. Nous avons actuellement 200 millions de locuteurs francophones partout à travers le monde, pas seulement dans les pays membres de l'Organisation Internationale de la Francophonie. Partout à travers le monde, vous avez une demande de français très forte. Le problème, c'est qu'on n'a pas toujours les moyens, aussi bien au niveau de notre Organisation qu'au niveau des pays membres les plus fortunés, de répondre à cette demande de français. La demande de français est très forte. Le français n'est pas mort.

 

24/11/2008

Une nouvelle ère pour la francophonie?

 

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Source : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/07/que-s-o...

Auteur : Claude Hagège

Au 12e Sommet de la francophonie, soixante-huit Etats viennent de montrer leur détermination à promouvoir davantage encore la langue française dans le monde. Le cadre en était le quartier même de la ville de Québec (400e anniversaire cette année) où les troupes françaises, en trop faible nombre, subirent une défaite, prélude au traité de Paris qui, en 1763, chassa la France des immenses territoires où sa langue et sa culture étaient présentes depuis plus de cent soixante ans et y instaura le règne de l'anglais.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, pays amis de la France, continuent de voir dans le français un obstacle à la domination mondiale de l'anglais. L'action du British Council, comme celle des entreprises américaines qui, ici ou là, font de la disparition du français au profit de l'anglais une des conditions d'accords commerciaux ou culturels avantageux, est là pour prouver que l'anglais ne s'impose pas par le seul effet naturel d'une suprématie économique, mais bien parce qu'il est secondé par une politique concertée, qui appelle donc une réponse.

L'anglais est favorisé, de surcroît, par les comportements comme ceux d'industriels et d'universitaires qui, dans des réunions en France, l'imposent lors même que rien ne le requiert. Cette attitude n'existe pas en Espagne ou au Portugal, pays qui, comme la France, se sont bâtis dans un récent passé des empires coloniaux, mais dont les élites n'ont pas puisé dans cet épisode un masochisme de coupables, qui conduit à se déprendre de la langue française.

Des sentiments tout à fait contraires à ceux-là habitaient les enseignants français quand, entre 1880 et 1930, ils portaient d'autant plus fièrement outre-mer l'étendard de la langue française qu'ils y voyaient une compensation à ce qui inspirait l'essentiel de l'entreprise coloniale: la loi du profit.

DIVERSITÉ CULTURELLE

A ces maîtres de naguère, l'histoire a donné raison : paradoxalement, la langue française, après avoir servi d'arme aux combattants indépendantistes des colonies, a été retenue par les mêmes comme l'apport le plus positif de l'occupation française, celui qui facilite leur insertion dans la modernité.

Un autre paradoxe en résulte : face à l'ironie d'une partie de l'opinion "éclairée", en France, à l'égard de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), on trouve, de Rabat à Bangui en passant par Tunis, Dakar, Abidjan, Lomé, etc., un nombre croissant d'intellectuels qui militent pour elle. Des hommes comme Léopold Sédar Senghor hier ou Abdou Diouf, secrétaire général de l'OIF, aujourd'hui, qui auraient pu partager le mépris d'une partie des élites françaises à l'égard du français langue coloniale, sont ceux-là mêmes qui leur réapprennent à être fières de leur langue !

Ils rejoignent ceux qui, en Suisse romande, en Belgique wallonne et au Québec, jugent légitime le combat pour le français. Après la francophonie coloniale, c'est donc une deuxième francophonie qui est en marche, avec le projet de servir non la France elle-même, mais la langue française et les idéaux qu'elle exprime. Un moyen existe pour qu'un jour l'opinion française tout entière soit galvanisée par cette cause. C'est d'enseigner, à partir de l'école primaire, non l'anglais, projet qui aboutira à immoler le français, mais l'étonnante et belle histoire de la francophonie, à travers ses deux étapes.

Face à la domination mondiale de l'anglais, on voit s'affirmer aussi l'hispanophonie, la lusophonie, l'arabophonie, la russophonie et, avec le projet de fondation d'instituts Confucius dans beaucoup de pays, la sinophonie.

Dans ce concert de voix puissantes, l'entreprise francophone possède trois avantages : l'avance historique, le refus d'une logique de marchés puisque pays développés et pays en développement y coexistent en un laboratoire de relations internationales unique au monde, et la diversité, puisque le nombre des langues qui se parlent à l'échelle de nations dans les pays membres de l'OIF est supérieur à celui des autres ensembles.

Ainsi l'ouverture au multilinguisme et à la diversité culturelle de l'univers est une caractéristique forte de l'entreprise francophone. La première francophonie appartient à l'histoire. La deuxième francophonie est, qu'on le veuille ou non, une des forces du monde d'aujourd'hui. Le moment est venu de s'en convaincre assez pour en faire un des ferments du monde de demain.

 

 
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