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15/03/2009

La création d'un visa francophone.

 

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Source : http://www.bienpublic.com/actu/region/20090315.BPA1726.html

LE BIEN PUBLIC.- Vous êtes né à Dijon. Quels liens entretenez-vous aujourd'hui avec la Côte-d'Or ?

Alain Joyandet.- Dijon est la première ville que j'ai vue de ma vie, puisque j'y suis né… Il y a pire ! C'est là que j'ai effectué une partie de mes études, au lycée Montchapet - où François Sauvadet était mon camarade, d'ailleurs. J'éprouve donc un attachement profond pour Dijon et pour cette Bourgogne dans laquelle plonge une partie de mes racines et où j'ai noué, au fil du temps, de solides amitiés.
En plus, je suis longtemps resté dans ce territoire de Franche-Comté (Gray) qui se trouve aux confins de la région (vallée de la Saône), donc très proche sur un plan identitaire…
LBP.- Comment percevez-vous la politique menée à Dijon et en Côte-d'Or ?

AJ.- Je constate que Dijon est la ville agréable et chaleureuse que j'aime. Cela prouve qu'au-delà de nos engagements partisans, il y a des hommes sur lesquels reposent notre bien-être, notre « vivre ensemble » et, par extension, notre démocratie.
Il me semble que, récemment, les Dijonnais ont exprimé leur satisfaction à l'égard de M. Rebsamen. J'ai également pu constater que la politique de mon ami François Sauvadet semblait très appréciée, notamment lors de la conclusion du dossier de l'agglomération beaunoise. J'ai la conviction que l'un et l'autre sont passionnés par leur mission. C'est bien là l'essentiel.

LBP.- Au regard des difficultés que rencontre la droite locale, ne seriez-vous pas tenté par une aventure contre François Rebsamen ?

AJ.- Figurez-vous que cette idée m'a traversé l'esprit à l'époque où je me suis implanté à Vesoul - il y a 20 ans -, en quittant la vallée de la Saône. Je crois que la question n'est plus d'actualité.

LBP.- Quels commentaires portez-vous sur « l'affaire Kouchner » ? Nos relations, avec l'Afrique en ont-elles pâti ?

AJ.- A ma connaissance, Bernard Kouchner n'a rien fait d'illégal. Je travaille au quotidien avec lui, en bonne intelligence. Je ne crois pas que cette affaire - d'ordre privé, je le rappelle - soit de nature à déstabiliser les relations franco-africaines qui sont bien solides, croyez-moi, et assez fortes, pour résister à ces aléas ! Aucun discrédit n'a donc été jeté sur la France.
Nous sommes aujourd'hui dans un tournant. La relation avec l'Afrique est en mutation : je travaille à la rendre moins paternaliste et plus partenariale. Il suffit de regarder la restructuration de nos forces militaires sur le continent pour comprendre que c'est une tendance irréversible.
C'est en Afrique que la croissance s'accélérera le plus dans les décennies à venir

LBP.- De quels moyens disposez-vous aujourd'hui pour votre ministère quand on sait les économies nécessaires en ces temps de crise ?

AJ.- La coopération est, depuis le Général de Gaulle, l'un des fondements de la diplomatie française. Aussi, malgré la crise, elle ne doit pas être sacrifiée. L'aide publique au développement ne baissera donc pas en 2009 : elle augmentera même de 2,5 %. Aujourd'hui, la France alloue plus de 7 milliards d'euros à son effort de solidarité, ce qui la place au 3e rang des bailleurs mondiaux (après les Etats-Unis et l'Allemagne) pour le développement.
Par ailleurs, nous sommes mobilisés, plus que jamais, pour faire reculer la pauvreté dans le monde. Nous sommes convaincus que le développement économique est la clef de ce recul. Ainsi, dans quatre ans, nous aurons déployé 2 milliards et demi d'euros supplémentaires pour financer la création d'entreprises africaines. C'est ce qu'attend de nous cette immense jeunesse qui vit dans l'hémisphère Sud.

LBP.- Avec l'évolution des rapports Nord-Sud et le rééquilibrage des forces économiques dans le monde, peut-on dire aujourd'hui qu'on a véritablement rompu avec la Françafrique ?
AJ.- De toute évidence, nous sommes entrés dans une nouvelle relation avec l'Afrique. J'espère vivement qu'à l'occasion du Sommet du 2 avril (le G20), à Londres, nous ferons un grand pas vers le rééquilibrage financier et économique entre le Nord et le Sud.
C'est en Afrique que la croissance s'accélérera le plus dans les décennies à venir. Elle pourra ainsi dynamiser notre propre croissance.
Aujourd'hui, l'Afrique n'est plus notre pré carré exclusif : les puissances émergentes s'y intéressent (Chine, Inde, Malaisie) et nous obligent à nous remettre en question. Nous voyons dans cette nouvelle concurrence un formidable défi à relever.

LBP.- Ne risque-t-on pas de voir émerger d'autres scandales liés à la Françafrique ?

AJ.- Il faut perdre cette mauvaise habitude qui consiste à parler de l'Afrique de façon menaçante, craintive, péjorative. Je souhaite qu'on prenne la mesure de l'immense attente d'un continent qui hébergera bientôt 1 milliard d'habitants, à 12 km des côtes européennes !
Je travaille beaucoup avec les jeunes générations, et c'est ce qu'elles nous demandent ! Je crois qu'il est temps pour la France de capitaliser sur ce patrimoine commun dont nous disposons : une même langue, une histoire partagée.
Bien sûr, notre passé commun a ses zones d'ombres et de lumières. C'est un tout. Il faut le prendre tel quel car on ne construit jamais un avenir vertueux en tirant un trait sur le passé.

LBP.- La France investit-elle toujours autant qu'avant en Afrique ? Et dans les écoles notamment ?

AJ.- Nous avons compris que les subventions à outrance n'aidaient pas véritablement les pays à s'en sortir. Certains secteurs doivent cependant être aidés comme l'éducation, la santé et les infrastructures collectives.
Pour nous, l'éducation est la clef du développement. La France s'est engagée à scolariser, d'ici à 2015, près de 8 millions d'enfants en Afrique. Il faut accompagner la réalisation de cette promesse à une possibilité pour ces jeunes d'avoir un jour une profession, de construire une famille, de conquérir leur autonomie…
LBP.- Quel discours faut-il tenir avec nos partenaires francophones quand dans le même temps il y a nécessité de réguler l'immigration ?

AJ.- J'ai proposé à Eric Besson la création d'un « visa francophone » destiné à faciliter les échanges. Il s'adresse à tous les Africains qui ont besoin de se déplacer souvent vers la France, parce qu'ils ont un projet précis (participation à un colloque, à un festival, à un cycle d'études ou à une formation professionnelle) et qui participent ainsi au rayonnement de nos cultures respectives.
Ce passeport, à créer, nous permettra de compléter l'excellente politique mise en œuvre par Brice Hortefeux.

LBP.- Un mot sur la situation à Madagascar ? La France n'a-t-elle pas le devoir d'accompagner les transitions en cours dans ce pays ?

AJ.- Je vous le disais, la France n'a plus vocation, même à Madagascar, à porter, seule, la résolution des conflits. C'est pourquoi je me suis rendu à Tananarive avec une délégation de la Commission de l'Océan Indien (dont la France fait partie via la Réunion).
Nous avons rencontré toutes les parties « en voisins » et leur avons adressé un appel au dialogue. C'est un exemple de cette nouvelle relation que nous voulons construire avec l'Afrique. Pour autant, la France reste le partenaire majeur de la Grande île, c'est un fait lié à l'histoire et à notre passé commun. En témoignent ces 20 000 Français qui résident sur la Grande île dont il faut garantir la sécurité.

LBP.- Quels sont vos prochains projets ?

AJ.- Dans le cadre de la mission que l'on m'a confiée au gouvernement, j'ai l'intention de tripler le nombre de volontaires internationaux d'ici 3 ans, de mettre en œuvre une grande politique pour les femmes en Afrique, un partenariat mondial pour la relance de l'agriculture vivrière - qui a été si sacrifiée depuis 15 ans et augmenter de 50 % nos partenariats avec les ONG.
J'ai donc un programme riche et enthousiasmant… Sans parler de l'obligation d'être sur le qui-vive, prêt à monter dans un avion pour répondre à l'actualité imprévue : coup d'État en Guinée Conakry, République démocratique du Congo, Madagascar, etc.
Enfin, sur l'Hexagone, je poursuivrai mon tour de France de la coopération décentralisée, que j'ai commencé à Dijon au mois de janvier, pour encourager les Français à la solidarité internationale.
LBP.- Un mot sur la Journée de la francophonie ? Quelle est son utilité ?
AJ.- C'est l'occasion de susciter partout dans le monde une sorte de communion avec les quelque 200 millions de locuteurs francophones et de rappeler que la Francophonie n'est pas seulement la défense du français mais une dynamique internationale qui milite pour la démocratie, la transparence, les Droits de l'Homme et le respect de la planète.
Toutes les valeurs sont portées par notre langue, partagée dans 53 pays !

Commentaires

Je suis président de la lutte "kourach" (lutte traditionnelle d'Ouzbékistan) en France et oeuvre au sein de l'Ufolep (Ligue de l'enseignement) pour la reconnaissance et la promotion des luttes traditionnelles. Il m'arrive parfois de représenter la France dans les festivals internationaux avec l'Unesco.
M. Sagou Yves Marius en est le représentant et le porteur du projet à l'Unesco.
Cependant la langue française n'est jamais mis en avant dans ces rencontres comme dernièrement au Niger ou les langues officielles pour les "Championnats du monde de lutte africaine" étaient l'anglais et...le russe.
Je viens d'obtenir de la Fédération Internationale de Kourach (Kurash en anglais, 82 pays affiliés) la création d'une ligue francophone de kourach (avec le Maroc, le Sénégal, l'Ile Maurice...). Quel soutien et vers qui puis-je me retourner pour que nous puissions réussir notre objectif: faire que le français ne disparaisse pas des langues officielles.
Merci pour votre aide.

Nous organiserons un festival des luttes et cultures en juillet (du 17 au 19) à Anglet avec comme objectif aussi la défense de la langue française et la promotion du développement durable (les luttes sont des sports naturelles qui ne demandent pas de moyens financiers particuliers). Notre site vous présentera ce projet: http://luttesetcultures.com
Nous recherchons des contacts avec des lutteurs, des organismes, des associations, des pays désireux de participer, ainsi que des mécènes ou sponsors.

Bien amicalement,
Bernard Cabos
mel: bernard.cabos@orange.fr

Écrit par : benat | 22/03/2009

La francophonie, résistera-t-elle au Darwinisme?

Au lieu de vouloir tout conserver, refuser toute nouveauté, ne serait-il pas profitable d'anticiper, planifier, dynamiser l'avenir.
Être un pays avec une vingtaine d'années de retard dans tellement de domaines est un lourd héritage à supporter.

Écrit par : JSC | 25/03/2009

Waw, excellent, je viens tout juste de découvrir votre site et l'ai entièrement dévoré. Bonne continuation et longue vie à votre blog !

Écrit par : cotes | 07/04/2010

salut en vue de creé un visa je veut que vour n' aidé

Écrit par : bénié amangoua daniel | 14/06/2010

Quand un consulat s'attaque aux intérêts Elémentaires d'une de ses Ressortissante Mineure Française
*********************************************************
Je suis une enfant de 6 ans, Française par filiation, avec un passeport Français, vivant avec ma mère au TOGO
Je ne peux voir mon père en FRANCE car le consulat refuse un visa touristique à ma mère Togolaise pendant les vacances scolaires
Si mon père ne peut pas venir, je ne le verrais pas !
Ma mère, doit m'abandonner à l'aéroport à 6 ans ...
Française oui, mais virtuelle ! Les même droits, mais lesquels !?
L'intelligence Consulaire et humaine, çà existe ?

Mais cela ne s'applique pas à tous !
Mon cousin, de mère Française et de père Togolais (notable) n'a aucune difficulté à accompagné son fils en France vers sa mère.

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE ... C'est sans aucun doute slogan publicitaire !
Un effet d'annonce, une vague déclaration d'intention qui n'engage que ceux qui auraient la capacité d'y croire !
Ma G.mère de 90 ans souffrante d'une Cardiopathie, je ne l'a rencontrerai jamais
Le compte ouvert en France à mon intention par mon père, ma mère est dans l'impossibilité de signer une procuration

Que faire devant l'adversité consulaire et la bêtise institutionnelle ?

L'essentielle fonction consulaire dominantes serait de pourrir la vie d'une certaine catégorie de Français.
Vous demandez un visa de 90 jours c'est le rejet !
Je suppose qu'un demandeur de visa long séjour prend le risque d'une balle perdue

Conclusion: L'Etranger qui s'introduit illégalement en France sans aucune permission puis s'installe sans aucune autorisation et sans lien filial avec France sera mieux traité que ma fille et sa mère.

Finalement les Etrangers ont bien compris qu'il ne fallait rien attendre de bon de certain consulat car ils savent plus distinguer le "bon grain de l'ivraie".

Le parasol est si largement ouvert que ces fonctionnaires sont tétanisés face à une décision.
A la moindre suspicion le candidat est diabolisé et sanctionné par un refus

Quelle Image lamentable !

Merci la FRANCE !

F.M naoned.fm@laposte.net

Article n° 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH)
Article 8 - Droit au respect de la vie privée et familiale
1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.
2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

http://www.cimade.org/nouvelles/2598-Un-rapport-qui-fait-du-bruit

Écrit par : HORUS | 21/08/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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