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10/01/2010

Un rapport... et une analyse!

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Julia KRISTEVA présente dans un rapport du Conseil économique, social et environnemental sur la francophonie, 133 propositions pour soutenir et promouvoir la francophonie. L'une d'elle : développer les cursus anglophones dans les universités françaises. Extrait et réflexions d'Agoravox. Le rapport de Julia KRISTEVA est intégré aux ressources du blog.

Source : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/favoriser-l-...

"Revoir la question des prérequis en français

Il serait opportun d’examiner la possibilité d’assouplir les conditions actuellement imposées à l’inscription dans l’enseignement supérieur français quant à la maîtrise de la langue française, et de développer davantage les dispositifs existants de préformation en français, avant le début du cursus ; mais surtout, pour les sciences exactes en particulier, il serait judicieux de prévoir une formation en français au cours des études, une partie de celles-ci pouvant se faire dans la langue code (l’anglais) qui assure l’apprentissage des contenus globaux, avant l’affinement de la capacité de penser en langue française. L’initiative de nombreux établissements d’offrir leurs formations en langue anglaise, soit en cours d’été, soit en cours spécifiques, et de plus en plus en master est un moyen provisoire indispensable à l’intégration de ces futures élites dans nos institutions académiques et dans la culture française en général. Le catalogue de ces formations en anglais, présenté par CampusFrance, est un instrument utile pour faciliter la mobilité des étudiants. "


Le "moyen provisoire" a toutes les chances de devenir une intégration européenne anglophone définitive !


Beaucoup de ces cursus sont nés pour recevoir des subsides du programme Erasmus mundus, destiné aux étudiants étrangers hors-UE. Ceux-ci ne feront qu’une partie du programme en France. Or, un étudiant chinois ou vietnamien qui suit des cours en anglais pendant neuf mois, sachant qu’il va ensuite poursuivre en Allemagne puis en Pologne, par exemple, n’aura aucune motivation pour apprendre le français, du moins pour aller au-delà de la traduction de « Where are the girls ? », et, pour les plus motivés : « Combien ces six saucisses ici ? ».

 
D’accord sur les recommandations d’améliorer l’accueil de la future élite étrangère, l’aide au logement, le tutorat et autres suggestions, mais pour des étudiants qui comptent faire plusieurs années de formation en France, et surtout, en français.


Tout développement de cours en anglais ne fait qu’accélérer l’anglicisation de l’UE, pompeusement appelée intégration universitaire européenne.


Mais il faut reconnaître que ce rapport est très riche, presque trop, car on y trouve tout et son contraire : on peut y lire les critiques sur la tendance de l’UE à n’utiliser que l’anglais à l’étranger, en même temps que la recommandation de développer son usage en France !

A l’aide d’extraits du rapport, on pourrait fabriquer deux articles totalement contradictoires sur la francophonie, l’un sur l’air de « tout va bien », la francophonie a certes décliné à certains endroits, mais le nombre de locuteurs augmente, notamment en Afrique, et les perspectives sont bonnes, l’autre sur l’air de « tout va mal », on est foutus, les élites de l’ancien pré-carré français passent à l’anglais, l’UE n’utilise plus que l’anglais, sauvons les meubles car c’est tout ce qui nous reste !


Pour le « tout va bien » :


« Contrairement à l’anglais qui régresse au sein de certaines régions des États-Unis au profit de l’espagnol, le français n’a jamais été autant parlé, et le nombre de ses locuteurs augmente pour des raisons démographiques, aussi bien en France qu’en Afrique. 115 millions de personnes font un usage quotidien du français, soit 7,7 % de plus qu’en 1990, et 61 millions en ont un usage « partiel ». »

 

Pour le « tout va mal » :


« Face à l’anglais dominant dans les échanges internationaux, dès 1975, la France s’est dotée d’une loi qui impose le français, en France même, dans les activités d’un certain nombre de secteurs afin d’assurer la protection des consommateurs (notices et modes d’emploi) ou celle des salariés (offre d’emploi). Cette loi est, dans l’ensemble, bien appliquée dans ces domaines où la nécessité de la présence du français est reconnue par tous. En revanche, cette même loi, dont la refonte en 1994 a fait l’objet d’une polémique, impose aussi une présence minimale du français (dans les documents présentant les programmes) pour les colloques internationaux qui se déroulent très souvent en anglais. Cette prescription, qui n’est assortie d’aucune sanction en cas de manquement, est très mal respectée par nos concitoyens qui n’en voient pas l’intérêt et la jugent rétrograde. »


« La France a la chance que sa langue soit une des langues officielles de presque toutes les organisations internationales, et beaucoup de pays considèrent que cette situation est un héritage qui ne se justifie plus. »

 
Naturellement, on peut voir dans cette contradiction le signe d’un rapport complet et mesuré, qui prend en compte la complexité de la vie, les fluctuations des rapports de force.

Mais on peut aussi y voir la peur de recommander une francophonie offensive, parfois une certaine naïveté, des clichés ou un étonnant aveuglement sur certains points, notamment sur l’école et le plurilinguisme européen.

 

Commentaires

Avec internet donc le Web la francophonie est planétaire et présente dans les 200 pays du monde par les facultés francophones de plus de 600 universités et par les Alliances Française et toutes les organisations internationales .
seulement aux USA plus de 34 millions de francophones et francophiles et il en est ainsi dans tous les pays de la planète

Écrit par : Michel Guay | 27/01/2010

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