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17/10/2010

Quand le français séduit l'Afrique anglophone.

 

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Le français connaît une belle destinée en Afrique de l’Ouest. Tellement même que des pays anglophones comme le Ghana et le Nigeria envoient leurs étudiants l’apprendre à Lomé, au Village du Bénin, soutenu par la Francophonie.

Pour un Occidental habitué à l’omniprésence de l’anglais, l’idée a de quoi surprendre. Le français serait une nécessité. Mieux: certains pays anglophones lorgnent du côté de la Francophonie.


Le Nigeria fait du français sa deuxième langue d’enseignement depuis deux ans et serait en train d’effectuer les démarches nécessaires pour rejoindre l’OIF. Le Ghana est déjà membre observateur de l’organisation et accorde lui aussi une place toujours plus importante au français.

Le français est langue de l’enseignement, de l’administration et des affaires internationales dans les pays francophones de la région. C’est le cas au Togo, qui compte un peu plus de 2 millions de personnes parlant correctement la langue sur 5 à 6 millions d’habitants.


«Dans une Afrique de l’Ouest marquée par les pays francophones, des pays comme le Ghana ou le Nigeria ont besoin du français pour s’intégrer. Son enseignement est très demandé, en particulier par les élites», explique Etienne Alingue, qui vient de quitter la direction du Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest (BRAO) de l’OIF.


Du pain bénit pour l’OIF, dont la diffusion du français est un des fondamentaux. L’organisation intervient de plusieurs manières dans la région et notamment par le soutien au français langue étrangère et de plusieurs centres de formation.

 

 «La finalité est de contribuer (…) au renforcement de la diffusion et de l’usage du français, langue de communication internationale et outil d’intégration régionale», explique Tharcisse Urayeneza, directeur du BRAO. Avec un objectif à moyen terme: la constitution d’un pôle régional de compétence et d’expertise.


L’un des trois centres principaux de ce réseau (RECFLEA) est situé au Togo, sur le campus de l’université de Lomé. Dans un coin de cette vaste zone de verdure à demi-sauvage, un bâtiment rose un peu élimé qui arbore fièrement sa fonction.


Nous sommes au Centre international de recherche et d’étude de langue – Village du Bénin. Mawuena Adjrankou-Glokpo, son directeur, précise: «Sur le Golfe du Bénin, tout le monde peut se revendiquer du Bénin». Même au Togo.


Créé en 1968, le centre a historiquement pour vocation de former les enseignants non-francophones au français. Mais sa palette s’est enrichie grâce à toute une série de cours et formations allant du français général pour individuels ou sur mesure au français pour l’université, en passant par le français commercial ou technique et la formation de formateurs francophones. Au total, cinq filières.

 

Les étudiants, qui séjournent ici jusqu’à neuf mois, viennent des pays voisins, parfois aussi de Chine, d’Inde, de Russie, voire des Etats-Unis. Ils sont logés sur place et dans trois logements hors campus. Mais face à la demande, une cité de deux-cent lits ajoutés au 270 actuels est en construction.

«Des religieux, des économistes, des banquiers, des militaires font appel au Village du Bénin», assure fièrement son directeur, qui chapeaute une équipe avoisinant les cent collaborateurs, dont quarante enseignants.

Mais presque deux tiers des 1300 «apprenants» visitant bon an mal an le centre sont des étudiants de lettres aux universités du Ghana et du Nigeria, qui viennent passer leur année obligatoire de cours «en immersion en environnement francophone».


«Depuis que ces deux pays ont fait du français leur deuxième langue de travail, nous n’arrivons pas à répondre à la demande, assure Mawuena Adjrankou-Glokpo. Ces étudiants deviendront professeurs de français dans leur pays, mais aussi diplomates, par exemple.» Ce qui ne sera pas le cas de Ronkie.

Attablée dans une salle de classe obscurcie afin de repousser la touffeur extérieure de ce début octobre, la jeune Nigériane étudie le français pour devenir une «personne internationale. (…). J’apprendrais bien le chinois aussi. Mon but, c’est devenir journaliste. Hors du Nigeria, aux Etats-Unis.»

Pour sa part, Thierry Kalessou est professeur de français langue étrangère. «Ici, nous misons sur une approche communicative et actionnelle, explique-t-il. En trois mois, la personne doit pouvoir tenir une conversation.»

Derrière le jargon, une réalité toutefois: les niveaux de français des étudiants à leur arrivée varient du tout au tout. Et à la difficulté de répondre aux besoins s’ajoute selon lui la faiblesse des infrastructures et le manque de matériel.


«Mais venir au Togo est un luxe pour ces étudiants. Ils sont très intéressés, on le sent. Ils font l’effort de parler le français et, constate l’enseignant, à la fin, ça paie».

Auteur : Pierre-Francois Besson

Source : http://www.swissinfo.ch/fre/Dossiers/LArchipel_francophon...

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