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24/10/2010

L'ambition politique de la francophonie

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Ce n'est pas à Madagascar, comme prévu, mais à Montreux, en Suisse romande, qu'une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement membres de l'OIF - Organisation internationale de la francophonie - se retrouvent aujourd'hui et dimanche pour un 13e sommet très politique. De fait, les bords du Léman ne sont pas le pire endroit pour parler réforme du système monétaire international, une priorité fixée par la France pour sa présidence des G20 et G8.

Car Nicolas Sarkozy a choisi de faire de ce sommet de l'OIF un tremplin pour les objectifs politiques qu'il défendra à partir du 12 novembre au G20 et du 1er janvier 2011 au G8 : deux directoires mondiaux que la France va animer durant un an et qui vont donner à son président un vrai pouvoir d'influence. L'Élysée a mis la barre haut en proposant aux grands de ce monde trois réformes : celle du système monétaire, celle du marché des matières premières aux prix trop volatils, enfin celle de la gouvernance mondiale.

Le sommet de la francophonie tombe à pic pour tester ces idées et les imposer à l'agenda international : « Il a la capacité d'influer sur les grandes questions qui agitent le monde », estime la ministre suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, en écho à son collègue français : « Sur la gouvernance, les droits de l'homme, les élections, ce qu'on peut en attendre est une vraie démarche politique », a déclaré Bernard Kouchner.

La fonction première de l'OIF est bien sûr de défendre le français dans le monde : avec 220 millions de locuteurs (200 il y a trois ans) et une honorable 9e place mondiale des langues, celle de Molière ne se porte pas mal, mais son essor en Afrique cache un déclin en Europe et dans les organisations internationales. Et dire que 15 des 27 États de l'Union européenne sont membres de la Francophonie ! « Il faut oser parler français », martèle Abdou Diouf, l'ex-président du Sénégal et secrétaire général de l'OIF.

Un tiers de l'ONU

Mais la cause du français n'est pas seulement linguistique. L'OIF fonctionne de plus en plus en forum politique auquel se rallient des observateurs non francophones : cette année, l'Estonie, les Émirats arabes unis, le Monténégro, la République dominicaine et la Bosnie ont demandé à rejoindre les 14 pays déjà observateurs. Ce qui fait 70 pays représentés, un tiers de l'ONU. À Montreux, on va parler des otages au Sahara, avec néanmoins le handicap de le faire sans la francophone Algérie, qui ne veut pas faire partie de l'OIF pour raisons politiques. On parlera aussi de réchauffement climatique, à un mois d'un sommet de Cancún qui a bien besoin d'impulsions.

Source : http://www.sudouest.fr/2010/10/23/la-francophonie-devoile...

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