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05/11/2007

Pourquoi apprendre le français?

Voici donc un nouveau vidéo-clip lié à la promotion de la langue française. Il s’agit cette fois d’un outil développé par le Ministère des Affaires Etrangères et que l’on pourra aussi trouver sur le site de ce Ministère.

Il s’agit d’un clip à la « 24 heures » dans lequel un effort de montage parvient à dynamiser le fil narratif… D’un étudiant, d’un touriste, à l’autre, une image cosmopolite et vive du français s’impose. Arguments et accords de guitare se succèdent dans une ambiance à mi-chemin de la colonie de vacances et de l’argumentaire socioculturel. Bref, un habillage plutôt contemporain qui répond plutôt bien aux problématiques actuelles de la diffusion du français.

Je m’interroge quand même sur un évident besoin de modernité… qui apparaît toujours un peu en deçà des attentes, dans ce genre de production. Certes, le montage, la succession des plans, des scènes… on voit bien que l’époque n’est plus tout à fait la même… que les années 2000 succèdent aux années 1990. Mais l’argumentation… et surtout la manière d’approcher la diffusion du français restent toujours bien comparables… D’une campagne publicitaire à l’autre, on change les virgules.

A quand un véritable humour et une autodérision assumée ? Parce que si la France a bien d’innombrables qualités, les Français n’en ont pas moins aussi quelques défauts… Ne pourrait-on pas jouer de cette carte et nous moquer un peu de nous-mêmes… ? Plutôt que de développer à l’infini l’image d’une langue française en papier glacé… langue de la culture, langue de l’amour, langue de la Révolution… mais langue lointaine des arts et du chant… ne pourrait-on pas la présenter dans une gangue plus rugueuse qui donne toute sa place à l’approximation, certes, mais qui témoigne d’un véritable désir de communiquer? Les Français ont la réputation d’être cabots, désagréables, et fats…. Jouons de cette image et présentons les comme ils sont. Je suis bien certain que c’est ainsi que d’autres souhaiteront les rencontrer.

Soyons honnête cependant, on observe quelques avancées dans ce clip… une ou deux fautes de français sont soulignées par un petit rire…. Voici que doucement, on en vient à se moquer de ses erreurs. Et quand les assumera t-on ?

30/10/2007

Le français et ses élites...

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Lu sur le net :

« Le français est parlé par les élites de nombreux pays. La reine d'Angleterre, l'empereur du Japon et sa famille le parlent couramment. Je viens d'apprendre que le français est encore utilisé quelquefois dans le système juridique anglais. 5O pays font partie de l'organisation de la Francophonie et si tous les citoyens, dans ces pays là, ne parlent pas tous français, au minimum, les gens passablement éduqués savent communiquer en français. »

Référence : http://www.roumanie-france.ro/index.php/node/display/200

Eh bien… nous voici sauvés.

Si les gens passablement éduqués parlaient effectivement tous le français… quelle orgie francophone ! Cette notion d’élitisme linguistique reste tout de même un peu dangereuse à mon humble avis. Merci à la Reine d’Angleterre de parler français… mais je me demande bien en cette occasion si le Prince William et son frère sont tout aussi polyglottes.

Une diffusion linguistique marquée par l’élitisme de son public peut être stratégiquement dangereuse. Dans un premier temps, certes, elle permet de conserver un lien privilégié avec « les gens qui comptent », les décideurs, les planificateurs de partenariats et de coopérations. Tant que les pouvoirs ont été concentrés entre les mains de quelques uns, les happy few linguistiques étaient finalement pertinents.

Mais l’éclatement des sphères de pouvoir lié au développement de l’économie a  fortement endommagé le capital stratégique des chasse gardées.  Aujourd’hui elles sont même contreproductives. La démocratie est à la mode (ce n’est pas un mal, entendons-nous) et il est de bon ton de partager les références culturelles du plus grand nombre. Cela a un petit côté populaire qui assure la sympathie du bon peuple. Mon Dieu, où sont les neiges d’antan et cette époque à laquelle le savoir était d’une si arrogante élégance ?

Bref, sachons couper le cordon ombilical avec cette politique linguistique, dont les problématiques de travail n’ouvrent plus aucune véritable perspective. Les dynamiques du français sont à trouver du côté du plus grand nombre… ça tombe bien après tout… Parce qu’on a beau dire ce que l’on veut… une langue, ça sert quand même avant tout à communiquer !

01/10/2007

"Protocole d'un jour..."

Prendre position pour ou contre le Protocole de Londres…
C’est drôle comme je serais bien embarrassé de le faire. Non pas que je me replie derrière une pudeur craintive, ou non pas que je ne m’intéresse que modérément à la question.
Mais j’avoue être tout à la fois très cabot et très modeste. J’apprécie qu’on lise les deux ou trois idées mensuelles qui me passent dans la tête. Mais dans le même temps…le vote d’un protocole constitue une décision si marquée et brutale, un spasme si «arbitraire» dans le long mûrissement d’une langue qui se substitue perpétuellement à elle même… Je vous le demande. Que diable en a t-on à faire que je sois pour ou contre le protocole de Londres ? Je laisse ce besoin de se prononcer aux politiques dont c’est le métier de trancher, bien conscient de toute façon qu’une telle décision ne marquera que faiblement le lit du fleuve français.
Un collègue, qui devait me trouver trop impatient, me disait récemment que le temps du développement n’était pas celui de la coopération aux pays en développement. Je crois aussi que le temps du français n’est pas celui de notre pratique du français. Finalement à deux cents ou trois cents années de distance, comprendrions-nous les francophones d’hier ou de demain ?
Je m’égare.

Rendre obligatoire une traduction ne sauvera certainement pas le français si celui-ci est en état de faiblesse. Je souhaite le français fort, dynamique, puissant, enthousiaste. Cela ne m’intéresse pas vraiment qu’il soit institutionnellement ou légalement garanti s’il n’est pas même lu. Or, affirmer que demain le français ne représentera plus que 5% des brevets traduits, c’est affirmer que dès aujourd’hui, seuls 5% des brevets sont lus en français. Dans l’argumentaire de l’ADIF (cf. commentaires du dernier billet), je suis beaucoup moins inquiet de cette annonce programmée d’un déclin du français dans le paysage institutionnel de l’Office Européen des Brevets que de l’annonce de la relative faiblesse des innovations de la recherche française. Car le moteur est bien là. Il n’y aura besoin de français que si le français a des choses à dire. Une langue est perpétuellement dans un besoin de légitimation, une langue n’est jamais pratiquée pour ne rien dire !
Les problématiques du français fonctionnent en spirale et bizarrement la colonne vertébrale n’est peut-être pas le meilleur axe d’intervention possible. Dans le cas qui nous intéresse, je crois que le renforcement d’une politique industrielle serait sans doute le meilleur allié du français… et l’on voit bien comment finalement dans ce dossier, on quitte rapidement le terrain linguistique.

A présent…. Considérer que le français sera défendu par l’adoption du Protocole de Londres… Affirmer que cette décision préserve des intérêts stratégiques… Voici une idée que je ne partage pas et dans laquelle on pourrait sans doute trouver un cynisme coupable...
L’ADIF s’emploie à dénoncer ce qu’elle considère comme d’importantes erreurs d’aiguillage. Je respecte cette démarche que nombre d’entre nous jugerons sans doute très pertinente.
Personnellement, je ne souhaite pourtant pas me placer sur ce terrain politique où deux idées s’affrontent à la tribune… Loi Toubon hier, Protocole de Londres aujourd’hui… D’un artifice à l’autre, je ne considère pas que la francophonie vive ou meure à travers de telles décisions. On me reprochera sans doute de ne pas observer les « enjeux » sous-jacents. Pour moi la situation est beaucoup plus simple : le français n’est légitime que dans un dire. Préserver le français, c’est permettre à des individus et à des peuples de se rencontrer et de se parler. Tout le reste n’est qu’une conséquence de ce besoin de vivre et de travailler ensemble.
Le foisonnement de la base pyramidale créera le certes légitime, mais sans doute bien ironique, besoin de répartir les temps de parole… dans des protocoles.

 
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