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17/09/2007

"Je rêvais... d'un autre monde"

Voici bien longtemps que nous aurions dû aborder ce point essentiel : les nouvelles technologies… et les formidables opportunités qui permettront sans doute dans les vingt ou trente prochaines années une profonde refonte du paysage linguistique mondial…
En effet, une nouvelle donne se dessine qui risque de bouleverser les approches mêmes du concept de langue étrangère. Tout de suite, j’avoue ne pas être à la pointe du volet scientifique. Mais si certains d’entre vous peuvent enrichir ce débat, cela serait sans conteste très intéressant.
Quelques exemples d’innovations qui pourraient bientôt voir le jour.
On connaît déjà les traducteurs automatiques qui font maintenant partie intégrante de la plupart des moteurs de recherche. De premiers progrès sont déjà apparus en quelques années. Pour autant, le succès n’est pas encore évident. Amusons nous à taper «it is raining cats and dogs» sur Babelfish et la traduction qui apparaîtra sera encore « il pleut des chiens et des chats ». «Bizarrement» tapons «il pleut des cordes» et demandons la traduction anglaise, on obtiendra cette fois l’expression consacrée en anglais.
Ainsi, les choses sont encore un peu rigides, c’est le moins que l’on puisse dire, et bien souvent si l’on demande la traduction d’une page Internet entière, on se retrouvera devant un terrible charabia qui dans le meilleur des cas, permettra de percevoir l’idée générale d’un texte.
Mais les prochaines années devraient autoriser de fulgurants progrès dans cette voie grâce à la statistique. En gros, il s’agit d’un calcul de fréquences : l’utilisation de tel mot associé à tel mot , ou de tel mot employé dans une phrase de tel type, se traduit le plus souvent de telle façon... L'hypothèse la plus forte est donc de traduire la phrase soumise en circonstance. La multiplication de ces calculs devrait ainsi autoriser un affinage de plus en plus précis des résultats, ce qui demandera d'alimenter une base de données qui frôlera l’infini des combinaisons linguistiques (alors même que le paramètre linguistique n'est pas le seul à envisager)… Mais ce qui à terme ne paraît pas une limite définitive.
Pourquoi dès lors se contenter d’interfaces devenues très classiques… le champ des possibles s’ouvre soudain. Certains d’imaginer déjà des casques munis d’écouteurs capables de traduire un message oral en simultané … Pensons aux opportunités soudain offertes par ces technologies dans des mondes virtuels comme "Second Life" que le réel pourrait bien avoir vocation à réinvestir. L’on sait par exemple que l’Ambassade de Suède a déjà acheté un espace dans ce jeu. Les technologies liées à l’interprétariat, associées à d’autres, pourraient autoriser une démultiplication des contacts… sans susciter l’intelligence humaine puisque finalement la traduction ne serait que la production d’une machine.
Mon travail, lié à la coopération linguistique et universitaire, m'incite bien souvent à réfléchir aux conséquences de telles évolutions dans les universités du futur…


Mais comme j’ai faim, je ne puis que remettre ces perspectives à plus tard. On n’a pas encore inventé les machines qui mangeront à notre place.

Arnaud PANNIER

14/09/2007

Puisque nous parlions de sport...

Eh bien restons aujourd'hui encore dans le domaine du sport... un petit clip vidéo trouvé sur youtube et qui évoque la confiance "abusive et excessive" que l'on peut placer dans le français comme langue de l'Olympisme.

Sujet compliqué : la position stratégiquement occupée est très enviable. Les positions du français s'effritent, certes, plus ou moins selon les contextes et les pays qui accueillent les Jeux... Mais chaque Olympiade devient un nouveau rendez-vous, l'opportunité de dynamiser une politique linguistique, le cadre d'une rencontre entre le français et une culture...

Ne cédons pas au pessimisme excessif et stérile! Observons les opportunités qui se présentent... Les Jeux parcourent la planète de deux ans en deux ans. Voici autant d'occasions de faire rayonner la francophonie aux quatre coins du monde en communiquant sur l'apprentissage d'une langue et la diffusion de valeurs. Mais comprenons qu'il faille changer le fusil d'épaule. Inutile, un trémolo dans la voix, de se récrier contre telle ou telle carence d'officialité... Et envisageons plutôt les dispositifs en amont en en aval de ces jeux qui laisseront davantage de locuteurs francophones, une fois passée la cérémonie de clotûre.

Arnaud PANNIER 

12/09/2007

"Oui, je parle rugby!"

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La francophonie cherche depuis une bonne décennie à renforcer son aura en s’associant à de grands événements internationaux. Le dernier en date : la coupe du monde de Rugby, avec l’opération « Oui, je parle rugby ». Il s’agit d’une campagne de promotion de la langue française à destination des supporters étrangers et développée dans une atmosphère populaire qui puisse réponde à « l’esprit » de ce sport. Les principales composantes de ce projet s’articulent autour d’un kit distribué aux spectateurs étrangers à l’entrée des stades, kit qui recense les 250 phrases indispensables pour séjourner en France. Un film sur TV5 Monde a aussi été produit : il présente les portraits de douze joueurs de nationalités diverses, aujourd’hui « linguistiquement intégrés » dans la société française. Enfin, une méthode sur CD-ROM a été développée, elle est intitulée « le français dans la mêlée ». Elle constitue un support pédagogique pour enseigner en quinze séances d’une à deux heures les fondamentaux du rugby et de la langue française.

Que penser d’une telle stratégie ? Une très bonne chose sans conteste. On profite d’un événement majeur et particulièrement visible pour stimuler l’offre et la demande de français. On s’aperçoit à cette occasion que de grands partenaires comme TV5 ou RFI développent une force de frappe assez intéressante et parviennent à crédibiliser  cette opération en lui assurant une assise médiatique forte. Plusieurs axes rentrent en assez bonne complémentarité. Les trois documents développés poursuivent ainsi des objectifs différents : touristiques, médiatiques et pédagogiques. Le choix des publics apparaît pertinent et le côté ludique de l’opération assure son charme. Il demeure bien quelques aspects plus naïfs : j’ai suivi la retransmission  de Argentine – France sur TV5 : à trois reprises le commentateur sportif a développé un discours sur le caractère francophone de la compétition… cela sentait un peu la directive politique et le pauvre journaliste a eu bien du mal à laisser tout cela apparaître complètement naturel. Mais bon ! Ne faisons pas trop la fine bouche… c’est l’intention, surtout en la matière, qui compte.

Bref, continuons… Je crois que cette politique stratégique pourra se révéler extrêmement payante sur le moyen terme. Jusqu’il n’y a pas très longtemps, des projets de ce type, souvent plus timides, suscitaient des réactions beaucoup moins positives. En gros, on pouvait la résumer sous une expression du type : « mais qu’est ce qu’ils viennent nous chanter avec leur francophonie ! » Petit à petit, la démarche francophone se banalise. Elle fonctionne en spirale, illustrant ici et là ses diverses dimensions : politiques, économiques, citoyennes. Elle s’inscrit dans le paysage, ce qui l’autorise à se débarrasser de ses derniers complexes. Elle avance à découvert et commence à affirmer : « voici ce que moi, francophonie, je puis apporter comme éclairage spécifique à tel débat, voici les valeurs qui légitiment mon action et le rôle qui me revient ». Même le public français pourrait bientôt lui reconnaître une légitimité ! C’est dire.

Eh bien, j’en suis enchanté. La conquête des médias est source de légitimité. A l’abordage !

 

Arnaud PANNIER

 
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