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21/11/2007

Apprendre le français : à chacun ses objectifs!

Saint-Domingue a connu, du 14 au 16 novembre derniers, son troisième congrès des professeurs de français. L’objectif était double : tout à la fois pédagogique puisque de nombreux enseignants y ont trouvé des outils de formation très pertinents, et institutionnel puisqu’un nouveau bureau, au terme ces trois jours, a été élu.
M. Carlos TABERNERO, Attaché de Coopération pour le Français auprès de l’Ambassade de France en République Dominicaine, a effectué là, en relation avec les partenaires locaux, un remarquable travail de planification.
Quelques idées ont pu être développées au cours de ce congrès qui intéressent au premier chef notre blog. L’une d’elles concerne le niveau de compétences attendu de ceux qui apprennent le français.
Assez théoriquement, on considère en effet, que sitôt qu’un individu entre dans une classe de français, son ambition ultime consiste à atteindre le niveau du locuteur natif, modèle semble t-il indépassable de toute acquisition linguistique. Cette situation implique de véritables difficultés car la motivation des apprenants risque dès lors d'être très vite ébranlée. La raison en est double. En effet, une telle conception implique des objectifs à long terme car la maîtrise d’une langue à un niveau C2 est très exigeante. Par ailleurs, en développant de telles stratégies, on ne bénéficie pas des motivations plus ponctuelles et sans doute beaucoup plus proches des ambitions réelles des apprenants.
Chacun a le droit d’apprendre une langue non pas pour la maîtriser dans ses raffinements, ou sa fluidité, mais pour en devenir un locuteur partiel et limité. Chaque apprenant peut définir des objectifs qui lui sont propres et qui ne l’engagent pas dans la spirale de la perfection.
C’est sans doute par là que l’on réussira à renforcer la motivation de nombreux étudiants et que l’on parviendra plus efficacement à contrer cet argument massue du français comme langue difficile à acquérir, argument particulièrement dommageable car il éloigne de notre langue de nombreux locuteurs potentiels.
Là encore, cette position demande un certain décentrement. Il ne s’agit plus de placer la langue au cœur de la stratégie pédagogique mais l’apprenant lui-même, qui avec ses motivations et ses objectifs doit demeurer l’enjeu majeur de la démarche. On rejoint à ce propos certains de nos anciens billets en affirmant qu’une stratégie de diffusion linguistique doit renoncer aux perspectives aristocratiques pour se positionner au plus près des individus qui nous font l’honneur de s’intéresser à notre langue.

30/10/2007

Le français et ses élites...

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Lu sur le net :

« Le français est parlé par les élites de nombreux pays. La reine d'Angleterre, l'empereur du Japon et sa famille le parlent couramment. Je viens d'apprendre que le français est encore utilisé quelquefois dans le système juridique anglais. 5O pays font partie de l'organisation de la Francophonie et si tous les citoyens, dans ces pays là, ne parlent pas tous français, au minimum, les gens passablement éduqués savent communiquer en français. »

Référence : http://www.roumanie-france.ro/index.php/node/display/200

Eh bien… nous voici sauvés.

Si les gens passablement éduqués parlaient effectivement tous le français… quelle orgie francophone ! Cette notion d’élitisme linguistique reste tout de même un peu dangereuse à mon humble avis. Merci à la Reine d’Angleterre de parler français… mais je me demande bien en cette occasion si le Prince William et son frère sont tout aussi polyglottes.

Une diffusion linguistique marquée par l’élitisme de son public peut être stratégiquement dangereuse. Dans un premier temps, certes, elle permet de conserver un lien privilégié avec « les gens qui comptent », les décideurs, les planificateurs de partenariats et de coopérations. Tant que les pouvoirs ont été concentrés entre les mains de quelques uns, les happy few linguistiques étaient finalement pertinents.

Mais l’éclatement des sphères de pouvoir lié au développement de l’économie a  fortement endommagé le capital stratégique des chasse gardées.  Aujourd’hui elles sont même contreproductives. La démocratie est à la mode (ce n’est pas un mal, entendons-nous) et il est de bon ton de partager les références culturelles du plus grand nombre. Cela a un petit côté populaire qui assure la sympathie du bon peuple. Mon Dieu, où sont les neiges d’antan et cette époque à laquelle le savoir était d’une si arrogante élégance ?

Bref, sachons couper le cordon ombilical avec cette politique linguistique, dont les problématiques de travail n’ouvrent plus aucune véritable perspective. Les dynamiques du français sont à trouver du côté du plus grand nombre… ça tombe bien après tout… Parce qu’on a beau dire ce que l’on veut… une langue, ça sert quand même avant tout à communiquer !

 
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