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03/07/2008

Les Français pas francophones? C'est finalement assez logique.

 

 

On dit souvent des Français qu’ils se désintéressent de la Francophonie, qu’ils la tiennent pour une idée historiquement datée, ringarde, en dehors des préoccupations légitimes de l’environnement international.

Cette idée, par ailleurs, justifie le sous-titre qu’a choisi ce blog : « Site engagé pour réconcilier les Français et la Francophonie  ». Etrange besoin de réconciliation : que les Français soient francophones… ceci ne devrait-il pas être une évidence ?

Non, sans doute pas.

De rapport en rapport, on ne cesse de s’étonner que les Français ne soient pas les plus fervents pour « défendre » les positions de leur langue. Ces Français représentent tout à la fois les élites sociales, qui acceptent trop facilement d’utiliser l’anglais aux tribunes des organisations internationales, et la population considérée dans son ensemble, qui apparaît incapable de représenter un groupe de pression efficace dans le cadre de ces débats linguistiques.

Le Cadre européen commun de référence (CECR) dans sa tentative de structurer l’identité européenne autour des compétences linguistiques d’un individu représente en cela une intéressante piste de réflexion. En effet, considérer le français selon des compétences et des niveaux, c'est aussi (et surtout) l'articuler aux langues avec lesquelles il cohabite chez un individu. Dans un environnement multilingue, affirmer être B2 en français, c'est se situer sur une échelle de compétences langagières ou communicationnelles plus large. Or l’angle stratégique est bien là : l’identité francophone se joue dans ce rapport linguistique de compétences langagières croisées, dans cette capacité à choisir le canal de communication selon le contexte dans lequel l’individu se trouve.

A bien y réfléchir, il est donc assez logique que les Français soient parmi les moins francophones : ce sera le cas tant qu’une majorité de Français ne parlera, en définitive, que le français ! Nous voulons renforcer la Francophonie en France ? Et bien militons pour le multilinguisme !

Quant à ce blog, il faudrait finalement en changer le sous-titre… Quelque chose comme… « Apprenons à devenir francophones »…. Vous avez des idées ?

15:22 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : cecr

07/09/2007

Un encas d'importance.

 

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Merci à Loys qui me fait parvenir cette note de rentrée publiée au Journal Officiel : http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MENE0753209A

On y lit que le diplôme national du brevet est attribué aux candidats qui, parmi d’autres critères, ont obtenu : « Le niveau A2 dans une langue vivante étrangère, tel qu'il est précisé par l'annexe à l'article D. 312-16. Le candidat a le choix entre les langues vivantes étudiées. »

Voici donc le Cadre européen commun  de référence officialisé au sein de l’Education Nationale, ce qui autorisera maintenant un étalonnage beaucoup plus précis des compétences linguistiques des élèves… et le développement d’une pédagogie sans doute plus adaptée aux besoins. Voici une bonne nouvelle qui témoigne du dynamisme de notre Education Nationale !

Arnaud PANNIER

15:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : CECR

29/08/2007

Le plurilinguisme : un idéal?

Voici quelques semaines, nous parlions du Cadre européen commun de référence, un instrument qui permet de « calibrer » l’enseignement des langues en Europe, de définir des seuils et donc d’harmoniser les niveaux d’apprentissage dans les différentes langues de l’Union.
Je suis tombé cette semaine sur un rapport intitulé « Le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) et l’élaboration de politiques linguistiques : défis et responsabilités. » Ce document a été produit suite à un forum intergouvernemental sur les politiques linguistiques, forum qui s’est déroulé à Strasbourg, du 6 et 8 février 2007.
Je l’utilise ici pour m’efforcer de contrer la vision traditionnelle qui se développe souvent lorsque l’on réfléchit à une politique de diffusion linguistique. En effet, une telle vision rétrécit considérablement les débats car finalement, le fait de vouloir diffuser une langue est toujours perçu avec ambiguïté. On glisse rapidement : diffuser une langue… diffuser une culture… diffuser une vision politique… Bref dans de nombreux contextes, la crainte du néo-colonialisme n’est jamais bien loin et cette crainte constitue un handicap flagrant pour le développement des compétences linguistiques des individus, des jeunes Européens en particulier.
Alors, je reprends quelques éléments sur lesquels insiste Francis GOULLIER dans ce rapport, dans son étude sur « l’Impact du Cadre européen commun de référence pour les langues et des travaux du Conseil de l’Europe sur le nouvel espace éducatif européen ».
Il y souligne le risque de voir les aspects exclusivement opératoires du CECR découler sur la mise en avant des savoir faire communicationnels, qui s’accompagneraient « du mépris de la nécessité d’une familiarisation des élèves avec l’espace culturel européen et de l’oubli des composantes culturelles et interculturelles qui conditionnent pourtant une véritable communication et qui légitiment d’ailleurs en partie le besoin de plurilinguisme. » (p.40 - 41)


Le plurilinguisme et non la substitution. Il s’agit là d’une donnée fondamentale et qui, je le crois, possède un arrière-plan pas encore complètement transparent. Les conflits perpétuels qui secouent la planète depuis toujours entretiennent bien entendu un sentiment de méfiance vis-à-vis de l’extérieur… et des langues de ces espaces. Les perceptions d’ouverture, d’enrichissement personnel dans l’apprentissage des langues étrangères, sont des perceptions très modernes. Finalement, pendant très longtemps, apprendre la langue d’un autre, ce n’était ni plus ni moins que se soumettre et l’on est en droit de se demander si cette conception des choses a entièrement disparu.
De fait dans nos systèmes éducatifs, cette problématique pourrait conduire à des remédiations, à des réflexions en terme d’interdisciplinarité (Histoire, Langues Vivantes par exemple) qui ne me semblent pas encore d’une puissante actualité.
A travers ces éléments, je m’interroge sur un frein « culturel » qui fait de la langue un média communicationnel et culturel pour lequel on entretient peut-être encore une légère méfiance, méfiance juste assez forte pour briser l’évident besoin des élèves de partager les langues de l’Union comme l’on partagerait les récoltes d’un champ où tous ont travaillé.

Pour achever ce billet, je donne ici la définition du plurilinguisme, telle que la donne le Conseil de l’Europe :
« Une personne plurilingue possède :
- un répertoire de langues et de variétés linguistiques
- des compétences de nature et de niveau différents selon les langues.

L’éducation plurilingue encourage :
- la prise de conscience du pourquoi et du comment on apprend les langues choisies
- la prise de conscience de compétences transposables et la capacité à les réutiliser dans l’apprentissage des langues
- le respect du plurilinguisme d’autrui et la reconnaissance des langues et de leurs variétés, quelle que soit l’image qu’elles ont dans la société
- le respect des cultures inhérentes aux langues et de l’identité culturelle d’autrui
- la capacité à percevoir et à assurer le lien entre les langues et les cultures
- une approche globale intégrée de l’éducation linguistique dans les curricula. »
http://www.coe.int/T/DG4/Linguistic/Division_FR.asp#TopOfPage

Un modèle en direction duquel il faut encore travailler !

 
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