Avertir le modérateur

15/10/2007

"Parlez français"... car ça va se savoir (II)

Pour donner suite aux remarques très descriptives du dernier billet, il convient d’apporter quelques précisions ou commentaires.
On observe depuis trois ans une relative stabilité des pays qui ont recours au français dans leur intervention auprès de l’Assemblée Générale des Nations Unies, entre 25 et 30 pays, ce qui avouons le n’est pas négligeable. Il s’agit sans doute d’un baromètre particulièrement intéressant à observer évoluer car il dénote une volonté politique forte.
Une telle tribune représente en effet une extraordinaire caisse de résonance pour tout ces chefs d’Etat venus porter à New York un projet politique mais aussi rechercher une certaine aura internationale. Or l’anglais, dans cette perspective représenterait sans doute une facilité, une opportunité plus grande…
Le choix du français me paraît donc une revendication flagrante, une francophonie assumée et une volonté d’enrichir les débats d’une portée polyphonique.

Si on tente d’affiner un peu les perspectives, on observe certes un certain nombre d’éléments plutôt négatifs :
- les délégations d’Europe Centrale et des Balkans se sont très largement exprimées en anglais, à l’exception de la Grèce et de la Bulgarie.
- La francophonie asiatique fait pâle figure, seul le Vietnam a fait distribuer une traduction en français de son allocution prononcée en vietnamien.
- La majeure partie des pays qui ont utilisé leur langue vernaculaire a distribué une traduction en anglais.
- Seuls deux pays non francophones ont distribué une version française de leurs allocutions : la Chine et Cuba.
- Certains intervenants (Italie, Saint Siège, Albanie) qui avaient dans le passé utilisé le français ont cette année parlé soit en anglais, soit en leur langue. On ne leur reprochera certainement pas ce dernier point.
- Surtout, certains membres de la francophonie se sont exprimés en anglais (Madagascar, Laos, Liban, Cambodge).
Autre point à noter, beaucoup plus positif, la Roumanie qui a accueilli le XIe Sommet de la Francophonie, s’est distinguée par une référence marquée à la francophonie dans un discours en français.

Bref, il serait sans doute très imprudent de formuler des conclusions trop précises à partir de ces données.
On observe avant tout que les frontières ne sont pas nettement délimitées. Des pays non membres de la francophonie emploient le français, d’autres pays membres ne le font pas. Lorsque les pays souhaitent revendiquer leur refus de la globalisation idéologique, ils emploient leur langue vernaculaire et insistent alors sur une revendication identitaire forte, ou alors ils emploient le français et acceptent ainsi de participer à un pôle « alternatif » de pression… une dynamique qui pourrait donc encore énormément évoluer… dans un sens ou dans l’autre !
Le projet politique francophone peut donc se prévaloir de légitimes ambitions ! Affaire à suivre!

12/10/2007

"Parlez français"... car ça va se savoir!

 

medium_drapeau_onu.gif

 

Quelque statistiques à propos de l’emploi du français durant la 62éme session de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

On assiste à un léger recul par rapport à la 61éme session (27 interventions en français contre 30 l’année précédente). Mais en 2005, seules 25 interventions avaient été prononcées en français.

Les 55 états membres de l’OIF et les 13 observateurs ont pris part au débat général. Parmi ces délégations :

23 délégations se sont exprimées complètement en français, 4 partiellement et 1 (Djibouti) n’est pas intervenue à la tribune mais  a distribué son intervention en français.

Les  23 délégations qui se sont exprimées totalement en français sont la Belgique, le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la RCA, les Comores, le Congo, la RDC, la Côte d’Ivoire, la France, le Gabon, la Guinée, Haïti, le Luxembourg, le Mali, Maurice, Monaco, le Niger, la Roumanie, le Sénégal, la Suisse, le Tchad et le Togo.

La Bulgarie et le Canada ont développé en grande partie leur intervention en français.

La Grèce et les Seychelles ont consacré une courte partie de leur intervention au français.

9 états membres de l’OIF ont utilisé leur langue nationale : le portugais pour le Cap Vert et la Guinée-Bissau, l’espagnol pour la Guinée Equatoriale, l’arabe pour la Mauritanie, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie. L’Andorre a parlé partiellement catalan. Le Vietnam s’est exprimé en vietnamien et a distribué en séance la version française de son allocution. Le Mozambique, la Lituanie, la Slovaquie et la Pologne se sont également exprimés dans leur langue nationale.

12 états membres de l’OIF et 9 membres observateurs ou associés se sont exprimés en anglais.

Ces états membres sont l’Albanie, la Dominique, la Moldavie, le Rwanda, Sao Tomé, Sainte Lucie, Vanuatu, l’ancienne République de Macédoine. Mais aussi : le Cambodge, le Laos, le Liban et Madagascar.

Les 9 membres associés ou observateurs dont l’intervention a été réalisée en anglais sont : l’Arménie, l’Autriche, Chypre, la Georgie, le Ghana, la Slovénie, l’Ukraine, la Hongrie et la République Tchèque.

Enfin la Serbie et la Croatie, membres observateurs se sont exprimées partiellement en anglais et partiellement dans leur langue nationale.

Parmi les membres non membres de l’OIF, il faut noter l’intervention en français de l’Algérie.

Par ailleurs le Secrétaire Général des Nations Unies M. BAN KI MOON, ainsi que le président de la 62éme session de l’Assemblée Générale, M. SRGJAN KERIM ont prononcé une partie de leur intervention en français.

Eh bien le moins que l’on puisse dire… c’est que les pays sont suivis à la trace !

Des commentaires au prochain numéro.

Arnaud PANNIER

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu