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28/02/2010

Entretien du Matin avec Abdou Diouf.

 

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Monsieur le président, vous avez débarqué mardi soir dans la Genève internationale pour le Congrès contre la peine de mort. Vous avez forcément dû parler en anglais...
Dans mes fonctions officielles, je ne m'exprime qu'en français et je le revendique. Cette langue est la seule avec l'anglais à être parlée et enseignée sur tous les continents. Je ne déroge à cette règle qu'à la maison, en famille, où je parle le wolof, une des langues de mon Sénégal natal.

Que peut faire une organisation comme l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) dans la lutte contre la peine de mort?

 L'Organisation internationale de la francophonie a été créée sur des valeurs comme la dignité et le respect de la vie humaine. Nous comptons 70 Etats et gouvernements membres, dont quarante-cinq ont aboli la peine de mort, en droit. Si l'on compte les Etats ayant suspendu les exécutions, le chiffre atteint cinquante-sept. Nous avons des tribunes dans le monde entier et surtout des convictions et de l'énergie. Je peux vous assurer que convaincre est quelque chose que nous savons très bien faire. Nous allons tout mettre en oeuvre avec nos partenaires pour abolir la peine de mort dans le monde entier.

Vous allez fêter cette année les 40  ans de l'OIF. Qu'est-ce qui a changé depuis sa création en 1970?
Je dirais que notre organisation s'est accomplie et que notre mandat s'est élargi. Nous menons des actions dans les domaines de la culture, de l'éducation, de l'égalité des droits et du numérique même. La francophonie de 2010 est la fille prodige de la francophonie de 1970. Nous fêterons cet anniversaire le 20 mars, en inaugurant la nouvelle Maison de la francophonie à Paris, avec Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui éclatés sur plusieurs sites, nous serons d'autant plus efficaces en nous rassemblant sous un seul et même toit.

Vous vous êtes agrandis aussi. Tant et si bien qu'on ne voit plus vraiment pourquoi des pays comme la Moldavie ou l'ex-République de Macédoine font partie de votre organisation francophone...
C'est vrai, aujourd'hui nous comptons 54 pays membres, 2 pays associés et 14 Etats observateurs. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, en Moldavie, la première langue étrangère enseignée est le français. Et, à l'heure où de nombreux pays de l'Est entrent dans l'Europe, il est normal qu'on leur demande et qu'on les aide à mettre en avant la langue française. Nous souhaitons aujourd'hui conclure des pactes linguistiques avec ces pays, pour les pousser à donner davantage de place au français tout en nous engageant pour les épauler.

L'Organisation de la francophonie se porte apparemment bien, mais le français tout court?
Je n'ai jamais pratiqué la langue de bois: je ne dirai donc pas que la situation est parfaite. Je la qualifierais plutôt de paradoxale.

C'est-à-dire...
D'un côté, le français, sa culture, son enseignement, ses ramifications culturelles sont de plus en plus courus et demandés de par le monde. Mais, d'un autre, l'ONU, l'Union européenne et bien d'autres organisations internationales font de moins en moins l'effort de pratiquer le français et se contentent de l'anglais. Je me bats énergiquement contre cela. J'ai aussi été déçu de la non-invitation de l'OIF à la Conférence de Montréal sur la reconstruction d'Haïti et je l'ai fait savoir. Haïti est un pays francophone. Nous sommes présents sur le terrain depuis des décennies. Nous avons déjà débloqué une aide d'urgence et nous continuerons à nous investir en matière d'éducation et d'infrastructures culturelles, comme cela était le cas avant le tremblement de terre.

En Suisse aussi, le français est à la peine face à la majorité alémanique. Pensez-vous que ce soit la raison pour laquelle le Sommet de la francophonie qui doit se tenir cet automne à Montreux est mis à mal par des histoires de petits sous qu'on refuse de débloquer à Berne?
Vous êtes jeune, moi pas. Si j'ai eu tôt les cheveux gris, c'est parce que j'ai longtemps pratiqué la politique, et il y a une chose dont je suis persuadé: c'est que le plus difficile dans ce métier est le moment où il faut arbitrer les budgets.

Donc...
Donc je ne m'inquiète absolument pas pour cette affaire. Je suis certain que ce Sommet de Montreux sera une réussite. Vous savez, quand Madagascar a connu tous ses problèmes politiques et a dû renoncer à organiser ce sommet, nous nous sommes arraché les cheveux. On savait alors que seul un pays développé pourrait reprendre une telle organisation au pied levé. La candidature de la Suisse a été une divine surprise. En plus, Montreux est une ville merveilleusement accueillante au niveau du paysage et des infrastructures. J'ai passé mes vacances de l'été dernier à Evian et je ne pouvais pas m'empêcher de regarder de l'autre côté du lac.

Connaissez-vous un peu la Suisse?

 J'adore votre pays, et un de mes meilleurs souvenirs d'étudiant reste un voyage organisé par Pro Helvetia, qui nous avait invités pour un tour de Suisse en voiture. J'avais même assisté à une Landsgemeinde.

Notre Parlement discutera ces prochains jours du budget du sommet. Qu'avez-vous envie de dire à nos élus pour plaider votre cause?

Je leur exprime ma gratitude, ma confiance et mon plus profond respect pour l'organisation de cet événement. Je suis persuadé que ce sera magnifique.

Allez-vous profiter de votre présence actuelle à Genève pour prendre contact avec les autorités organisatrices?

 J'ai eu Micheline Calmy-Rey au téléphone dernièrement pour un autre sujet et je n'ai pas eu le temps de voir d'autres responsables. Mais je serai à nouveau présent en Suisse cet été pour diverses manifestations, notamment à Lausanne, où l'Université va m'attribuer le titre de docteur honoris causa. S'il y a un problème, je viendrai sans difficulté pour le régler, mais je suis persuadé que ce ne sera pas le cas.

La Suisse s'est portée candidate à la fin de l'année dernière. Le oui du peuple à l'initiative antiminaret vous a-t-il fait réfléchir à deux fois à cette candidature, puisque plusieurs Etats membres de votre organisation sont musulmans...

Jamais il n'a été question de ne pas venir en Suisse. Personne ne s'est opposé à cette candidature. Personne n'a posé de question à ce sujet.

Vous êtes vous-même musulman. Ce vote vous a-t-il choqué?

 Il m'a surpris, c'est vrai. Mais je sais que la liberté de culte est garantie pour tout le monde en Suisse. Les musulmans continuent de se rendre dans les mosquées, et cela continuera d'être le cas. Et, vous savez, je suis un musulman qui pratique dans la discrétion, mais mon épouse est catholique et ma belle-fille juive. Je suis la maison d'Abraham à moi tout seul.

Plus grand que Pascal Couchepin

On a traduit l'«Hymne du Nord» québécois en anglais pour la cérémonie d'ouverture des JO de Vancouver. Cela vous a-t-il heurté?

J'attends le rapport de Pascal Couchepin, le grand témoin de la francophonie, avant de me prononcer. Je ne veux pas juger à l'aune d'impressions mais de faits.

Quelles impressions?

Avant les Jeux olympiques j'étais certain que ces Jeux respecteraient parfaitement les règles du bilinguisme. Mais j'ai ensuite déchanté: je me suis rapidement aperçu que Vancouver est certes au Canada, un pays également francophone, mais surtout sur le territoire de la Colombie-Britannique, où le français ne vient que loin derrière l'anglais et même le chinois. Je me suis dit que ce ne serait pas si facile. Et alors...

Alors, en arrivant à Vancouver, j'ai constaté que les signalisations et la documentation étaient disponibles à la fois en français et en anglais. Je pense toutefois que c'était une erreur de présenter un spectacle d'ouverture presque uniquement en anglais.

Vous êtes donc déçu?

Encore une fois, permettez-moi d'attendre les conclusions de Pascal Couchepin. Et, non, je ne suis pas déçu, d'autant plus que la première médaille de ces Jeux olympiques était suisse. Je peux vous assurer que nous avons fait une belle fête le soir de la victoire de Simon Ammann, avec Pascal Couchepin et votre présidente, Doris Leuthard, qui m'a complètement charmé. Même si elle est Alémanique, elle parle très bien français.

Par pure curiosité: êtes-vous plus grand que le grand témoin de la francophonie?
Incontestablement. Cela se voit à l'oeil nu. Je mesure 1,98 mètre...

Source : http://www.lematin.ch/actu/suisse/abdou-diouf-sommet-mont...

30/11/2008

Abdou DIOUF au talk de Paris (partie 2)

 

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M. Ulysse GOSSET.- Quel est le chef d'état qui, aujourd'hui, se bat le plus pour la Francophonie ? Est-ce le chef de l'état français ?


M. Abou DIOUF.- En tout cas, je sais qu'il se bat beaucoup pour la Francophonie. Je peux le dire. Je peux apporter un témoignage. Je l'ai vu.


M. Ulysse GOSSET.- Même s'il n'a pas assisté à la dernière journée du sommet ?

M. Abou DIOUF.- Ah si, si, si !

M. Ulysse GOSSET.- Il a dû aller à Washington.


M. Abou DIOUF.- Il a assisté au sommet. Il a été présent. Il a prononcé un discours très mobilisateur à l'ouverture du sommet, et il est resté jusqu'au samedi. Il a assisté à la signature de la convention entre moi-même et M. Joyandet pour la Maison de la Francophonie qu'il met à notre disposition, ce dont nous le remercions encore une fois. C'est seulement après cet acte qu'il est parti, et M. Fillon était déjà là avec lui. Monsieur Fillon est resté jusqu'à la fin, jusqu'à la conférence de presse finale.

M. Ulysse GOSSET.- Qui est le meilleur chef d'état, le meilleur militant pour la Francophonie ?


M. Abou DIOUF.- Je ne peux pas le dire. Il y en a beaucoup. Je ne suis pas là pour noter les chefs d'état.

M. Ulysse GOSSET.- Vous êtes diplomate !


M. Abou DIOUF.- Non, je peux dire que, vraiment, à Québec, j'ai senti un engagement très fort de tous les chefs d'état, des gouvernements et des délégations présentes. C'était vraiment très réconfortant. Vous avez dit que nous avions été occultés par la crise financière, ce n'est pas mon opinion.

M. Ulysse GOSSET.- Hélas, hélas!


M. Abou DIOUF.- Ce n'est pas mon opinion. Je crois que la Francophonie non seulement a été présente, que ce sommet a été bien médiatisé. En plus, la Francophonie a eu la chance d'être la première organisation nord/sud à se prononcer sur cette question de la crise financière.

M. Ulysse GOSSET.- Effectivement.


M. Abou DIOUF.- Et le Président Sarkozy est parti à Washington avec l'onction de tous ses pairs qui étaient avec lui, et les encouragements de tous ses pairs qui étaient avec lui à Québec. Je crois que la Francophonie a joué un rôle mobilisateur. Dans ce domaine, nous n'avons pas les solutions. Ce n'est pas l'organisation en tant que telle qui détient les solutions à la crise financière mais nous pouvons avoir un rôle de mobilisation, de mobilisation politique, et cette mobilisation politique a existé et continuera d'exister.


M. Ulysse GOSSET.- Quel parcours Monsieur le Président ! Le plus important, c'est peut-être que vous avez été l'un des Chefs d'état qui a assuré cette transition de façon démocratique alors que vous aviez été très longtemps au pouvoir. Vous avez passé le flambeau au Président Wade. Vous ne regrettez pas aujourd'hui de voir qu'encore beaucoup d'états africains sont victimes de la guerre civile, des luttes, des rivalités de pouvoir, un peu comme au 19e siècle alors qu'on est déjà au 21e ?


M. Abou DIOUF.- Oui, c'est une des tragédies de notre époque, une des tragédies de notre continent. Le pouvoir, c'est le pouvoir du peuple. Si le peuple ne nous fait plus confiance, il faut partir. Il faut savoir partir, il faut être loyal vis-à-vis de ce peuple qui est le vrai souverain. Je pense que tous les chefs d'état africains devraient avoir à coeur de construire des démocraties apaisées.


M. Ulysse GOSSET.- On a le sentiment que les grands chefs africains, au sens noble du terme, sont de plus en plus rares. Il y en a encore quelques-uns, mais où sont-ils donc ? Qui sont les pilotes dans l'avion africain aujourd'hui ?


M. Abou DIOUF.- Oui mais je pense que les crises créent les grands chefs. La génération de l'indépendance a eu à se battre justement pour obtenir l'indépendance. Cela a été son vrai titre de gloire. A se battre aussi pour construire des états, cela a été aussi son deuxième titre de gloire. Nous, qui sommes venus après, nous avons continué (et vous l'avez dit) non seulement à construire des états mais aussi à construire des démocraties pluralistes, modernes, des états respectueux des droits de la personne, des droits de l'Homme, des libertés. Construire aussi des économies solides, et malheureusement, dans les conditions difficiles. Moi, j'ai l'habitude de dire que j'ai gouverné dans la douleur parce que ma présidence a été marquée par les programmes d'agissements structurels. Je ne les voue pas aux gémonies, c'était des programmes d'agissements nécessaires. Cela m'a permis, au moment de partir du pouvoir, de laisser tous les clignotants au vert. Je ne les condamne pas.

M. Ulysse GOSSET.- Aujourd'hui, on approche d'une période difficile pour l'Afrique.


M. Abou DIOUF.- Je dis quand même que c'est dans les crises que se révèlent les chefs. Maintenant que nous sommes dans cette crise la, nous allons voir justement. Vous allez voir que les caractères bien trempés vont se révéler parce que cela va être une crise particulièrement difficile à gérer pour tous les chefs d'état africains.


M. Ulysse GOSSET.- Certains disent même qu'avec la récession et la raréfaction des crédits, une très forte menace pèse sur la croissance de l'Afrique. On a assisté au développement d'une nouvelle génération d'Africains, de businessmen, d'entrepreneurs. Aujourd'hui, tout cet élan risque d'être brisé par la crise. N'y a-t-il pas pour l'Afrique un danger quasiment vital, un danger de mort en raison de la récession actuelle ?


M. Abou DIOUF.- Non, mais il y a des risques certains. Le premier risque, c'est que l'aide publique au développement risque de se tarir. Mais j'ai compris que tous les pays développés auront à coeur de maintenir l'aide publique au développement, et de continuer l'effort pour atteindre les 0,7 % du PNB en faveur de l'aide publique au développement.
M. Ulysse GOSSET.- Vous en êtes sûr ?


M. Abou DIOUF.- Je pense que c'est pour eux non seulement une question d'honneur, mais une question de solidarité.

Je suis le Secrétaire Générale de la Francophonie. L'une des valeurs cardinales de mon organisation, c'est la solidarité. Tout ce que j'ai entendu de tous les chefs d'état de notre organisation, des chefs d'état du nord, c'est qu'ils auront à coeur de continuer l'effort pour aider au développement.


M. Ulysse GOSSET.- Pas de menace sur l'Afrique en tant que telle ?


M. Abou DIOUF.- Je n'ai pas entendu. J'étais aux Journées européennes du développement à Strasbourg, et dans tous les discours que j'ai entendus, c'était la même rengaine de la part des pays africains : que cette crise ne fasse pas oublier nos problèmes de la part des pays du nord. "Oui, cette crise ne nous fera pas oublier nos engagements vis-à-vis de l'Afrique."

M. Ulysse GOSSET.- On va en reparler. Je voudrais que l'on revienne un instant à la Francophonie avec une question d'un journaliste important qui a écrit beaucoup sur la culture française, qui revient pour nous, sur le "Talk de Paris", sur l'avenir et sur le lien entre la langue française et la culture de la France. Ecoutons-le l'ensemble. Il s'agit de Don Morrison.


M. Don Morrison.- (interprétation) Monsieur Diouf, au 19e siècle, et pendant la moitié du 20e siècle, la France était un pays phare au niveau de la culture dans le monde. Ce n'est plus le cas. Certains disent que si la culture française est en train de décliner, c'est parce qu'elle est majoritairement produite en français et que cette langue est de moins en moins pratiquée. Partagez-vous cette analyse ?


A l'avenir, pour être forte, la culture française devrait-elle privilégier l'emploi de l'anglais puisque cette langue semble s'imposer partout ? La moitié des morceaux de musique produite en France est déjà chantée en anglais. Alors que va devenir la langue française si la France veut vraiment que sa culture ait un impact au-delà de sa frontière ?

M. Ulysse GOSSET.- Votre réponse ?


M. Abou DIOUF.- Je pense que cette question devrait être posée à un dirigeant français parce qu'il a parlé de culture française.

Je parle des cultures francophones au pluriel.

M. Ulysse GOSSET.- Bien sûr.


M. Abou DIOUF.- Je considère d'abord la langue, comme je l'ai dit au début, et cette langue n'est pas morte. Elle n'est pas en danger. Elle est dans une situation ambiguë simplement parce que, dans les organisations internationales, de plus en plus, les documents sont évidemment produits en anglais en premier lieu, alors que même le français est langue de travail.

M. Ulysse GOSSET.- Même pour toutes ces cultures francophones, pas simplement la culture française, n'y a-t-il pas une nécessité, dit notre interlocuteur, de travailler en anglais pour développer les cultures ?


M. Abou DIOUF.- Je dis encore une fois que le français n'est pas mort. Même dans les pays anglophones, aujourd'hui, vous avez une grande demande de français.


Moi, je sais que dans notre Organisation… Et je recevais hier l'ambassadeur du Ghana. Le Ghana est un pays anglophone. Il est enclavé entre des payes francophones. Le Ghana développe de plus en plus l'enseignement du français. Le Nigeria a la même politique, et d'autres pays de par le monde ont à la même politique. L'Ethiopie a la même politique. Je dis donc que c'est un faux problème.


Cela dit, j'étais à Strasbourg l'autre jour et, dans mon discours, j'ai fait une citation de Shakespeare. J'ai dit à la foule "Ne vous étonnez pas que le Secrétaire Général de la Francophonie fasse une citation de Shakespeare." Je l'ai faite en français. J'ai dit "Parce que Shakespeare est un génie universel". Le problème n'est pas ce problème-là. Le problème, c'est que toute culture, quelle qu'elle soit, doit être échangée. Nous sommes dans le monde de l'échange, au niveau des marchandises et des cultures. Qui dit échange dit traduction dans des langues étrangères.


Par conséquent, il est normal que les produits de la culture française ou des cultures francophones puissent avoir leur traduction en anglais, en allemand, en espagnol, en portugais. Où est le problème ?

 

 
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