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28/09/2007

Innovons en français!

L’actualité linguistique est riche… c’est le moins que l’on puisse dire. Et c’est tant mieux car tout ceci interpelle les esprits sur des questions souvent parents bien pauvres des médias. Signe que les temps changent ?
Un « nouveau » débat vient en tout cas de s’ouvrir, débat lié aux dépôts de brevets.
Ainsi les députés français viennent d’adopter le protocole de Londres qui, conclu en 2000, vise à faciliter la délivrance des brevets européens. Qu’en est-il exactement ?
Jusqu’à présent, si vous souhaitiez déposer un brevet devant les autorités européennes compétentes, il vous fallait apporter triple traduction de ce brevet en français, anglais et allemand. Pour ce faire, les frais de traduction semblaient particulièrement importants. Le protocole adopté supprime l’obligation de traduire la partie descriptive des brevets. Chacune des trois langues devient donc suffisante pour assurer la légalité du brevet déposé dans toute l’Europe.
Certains, dont Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, se réjouissent en affirmant que cela est un atout pour la langue française mais aussi pour la recherche nationale. Ainsi, l’accès au brevet sera facilité car rendu moins coûteux, ce qui pourrait encourager de nombreuses sociétés françaises qui ne le faisaient pas jusqu’à maintenant, à déposer des brevets… et à le faire en français. Sur le plan institutionnel, c’est aussi une façon de pérenniser la langue française auprès de l’Office Européen des Brevets.
Mais d’autres de s’écrier que «le seul effet concret de ce protocole sera d’instaurer l’anglais comme langue de la propriété intellectuelle dans notre pays». La phrase est du divers droite Nicolas DUPONT-AIGNAN. Selon eux, on risque ainsi d’observer une marginalisation du français puisque si pour le moment, 100% des brevets sont déposés en français grâce aux contraintes de traduction, l’on pourrait tomber à moins de 10% de brevets francophones dans le cadre défini par le protocole de Londres.

J’imagine que l’anglais effectivement verra son impact renforcé. Même si des pays comme l’Allemagne et la France (encore que je ne sois pas certain de l’attitude des groupes du CAC40 à ce sujet) auront peut-être recours à leur langue nationale pour déposer leurs brevets, les pays de langue quarte pourraient bien se tourner massivement vers l’anglais.
Encore que ce sera probablement le cas par cas qui prévaudra. J’imagine que la valeur légale d’un document associe avant tout des partenaires commerciaux et que des sociétés par exemple des pays de l’Est, très liées à l’Allemagne, pourraient avoir un intérêt stratégique à déposer leurs brevets en allemand.
Bref, là encore, c’est le dynamisme de nos entreprises et de notre industrie qui peut devenir le meilleur garant des positions du français. Plus les sociétés françaises, belges, suisses, ivoiriennes ou tunisiennes développeront de partenariats commerciaux, plus le français aura de chance de se diffuser dans les diverses instances internationales.
Inutile d’attendre que le cadre législatif forme autour du français la chrysalide dans laquelle il s’endormirait.

 
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