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24/05/2011

Dans les pays émergents, les BRICS, où en est le français?

 

Les Français, comme tous les autres francophones, sont attachés à défendre leur langue. La francophonie s’élargit et les pays émergents veulent aussi développer l’enseignement et l’apprentissage du français. Dans sa chronique "Nouvelles du monde francophone", Axel Maugey nous présente l’état du français dans les BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

La chronique "Nouvelles du monde francophone" d’Axel Maugey

Lien pour écouter la chronique : http://www.canalacademie.com/ida6995-Dans-les-pays-emerge...

02/12/2008

Francophonie dans les pays arabes : la richesse des emprunts!

 

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Source : http://www.obiwi.fr/culture/lectures/74876-francophonie-d...

Le cas des emprunts dans les pays arabes.

 

"Il n'y a pas de langue pure de tout emprunt comme il n'y a pas de race pure de tout métissage". Salah Guemriche.

Le français, véritable nid d'hospitalité pour toutes les langues venues du monde entier a particulièrement bien reçu les langues africaines, notamment l'arabe. En effet, on peut s'étonner du grand nombre d'emprunts à l'arabe et ce dans moult domaines: les mathématiques, la botanique, l'art…

 Suite à la reconquista espagnole, apparurent les croisades et leurs mots venant de l'arabe, tels que: abricot. Ce ne sont pas les exemples d'emprunts qui manquent: kelb, toubib, cawa, souk, babouche, safari, zero, bakchich, baraka, qsar, mesquin, maboul, oued, hachich, bled, marabout, massage… Certains sont quasiment intégrés naturellement dans la langue française, même si en en oublie souvent l'origine!


Terrain foisonnant de métissage, la ville laisse migrer ces mots tels des oiseaux sans frontières.
L'origine du terme francophonie remonte aux années 1880 et à Reclus qui l'a lié à l'idée de colonies et d'œuvre linguistique civilisatrice, dans son ouvrage: France, Algérie et colonies. Mais la signification de ce terme évolue au début des années 1960, grâce notamment à Léopold Senghor et Habib Bourguiba qui veulent l'affranchir de cette connotation colonialiste.


Dans le même esprit et allant plus loin, on attribue à l'écrivain Kateb Yacine, une revendication plus brutale. "La langue française est un butin de guerre. Elle nous appartient et nous entendons la préserver aussi jalousement que nos langues traditionnelles".
Prenons l'exemple des deux langues: de l'arabe et du français apparemment bien différentes sur de nombreux points, réussissent à communiquer et à créer des passerelles notamment dans le domaine des emprunts ou des calques. En fait, au delà des spécificités et des originalités de chaque langue avec une grammaire, une graphie ou une phonologie distinctes, existe un système d'échange que d'aucuns ont qualifié d'"hyperlangue".

Ces réflexions permettent de situer les enjeux actuels de la survie des langues, de leur coexistence ou de leur alliance. (Rappelons que l'alliance internationale de l'espéranto n'a pas, malheureusement, connu le succès espéré à la fin du dix-neuvième siècle). Rappelons d'abord l'interprétation plus ou moins ambiguë du terme "emprunts". La plupart des spécialistes évite de tenir compte de la problématique de la durabilité de cet emprunt. A quelle époque peuvent ou doivent remonter de tels emprunts pour mériter cette sorte de "naturalisation" et être "assimilés" dans la langue française? Ne s'agit-il pas souvent d'une simple lexie, un xénisme parfaitement étranger qui ne pourrait apporter qu'une couleur d'exotisme? Les mots empruntés ne sont-ils que des imitations ou des productions de nouveaux mots?


La tendance actuelle des deux langues ne peut que s'ouvrir sur l'universel et l'utilisation de plusieurs manières de s'exprimer et de reconnaître la diversité culturelle et linguistique. En somme, l'influence réciproque des pratiques linguistiques, enrichissent la langue française et donne une idée de la réalité de la francophonie et de ses enjeux.

-You-you: onomatopée traduisant des cris d'enthousiasme (voyageant de Turquie en Iran et ne Afrique);

-Zero: emprunt à l'arabe sifr (à travers le latin médiéval et l'italien).


L'emploi de mots nouveaux se base souvent sur des emprunts complétés dans une autre construction comme le mot dégourbisation. Il s'agit donc de dérivations morphologiques par suffixation, par préfixation ou par composition.

L'adjonction de suffixes se retrouve souvent dans les cas d'emprunt à l'arabe pour les mots "francisés".
Mentionnons le cas de hittiste qui comprend le mot hit = "mur" et le suffixe français -iste pour désigner un chômeur, un désœuvré condamné à passer sa journée adossé au mur.

Un autre type de suffixation parmi tant d'autres hidjabisation terme de formation hybride arabe hidjab suffixation. Un autre suffixe est particulièrement utilisé: -phone, donnant: arabophone, amazighophone, berbérophone.

L'exemple de bousseboussade est subtil mot-valise formé de l'agglutination de deux bases nominales, l'une arabe: bouss et l'autre française: embrassade. Mais ne s'agit-il pas simplement d'une suffixation dont la productivité est reconnue dans les dérivations morphologiques.
Enfin, d'autres commentaires soulignent la diachronie du terme cité comme celle de cheb, chab (jeune chanteur, plus précisément de rai). Le terme s'est beaucoup répandu depuis les années 80, avec l'apparition de la chanson rai. L'emploie le plus souvent du nom du chanteur.
Les chebs Mami ou Cheb Khaled.


Moins courante que la précédente dérivation, la préfixation permet de modifier facilement le sens des mots simples ou déjà composés.
-Inter-wilaya = qui est relatif à plusieurs wilaya(s/te): préfecture;

-De-gourbisation: relogement des habitants des bidonvilles;

En mode composition:

*Pour arabe arabe:

-Si flene: Monsieur untel ;

-Souk el felah: marché du cultivateur;

*Pour français français:

-Corne de gazelle: gâteau en forme de corne;

-Radio-trottoir: rumeur publique;

*Pour arabe français:

-Beni oui-oui: qui dit oui à tout;

Le cas des néologismes par calque sémantique présente un emprunt, souvent ambigu car il n'y a pas d‘équivalent précis mais un emploi spécifiquement algérien et représentatif de la société.

-Barbu: intégriste musulman;

-Chaine: faire la queue;

-Bouffer: manger au sens propre, profiter au sens figuré;

-Egaré: entraîné vers le terrorisme.

Il s'agit là de mots français dont la signification est changée ou adaptée au contexte algérien. La même remarque concerne la connotation algérienne qui diffère souvent de celle du français quelque peu péjorative ou familière dans plusieurs mots arabes francisés ou devenus courants en français: Baraka, chouia, bled gardent en Algérie leur sens originel, excluant toute autre allusion exotique ou ironique. La démarcation devient plus nette ou politique s'il s'agit de fellagha, harkis, hizb franca (parti des pro-français), ou tout simplement Fafa (la France) et A.N.I (arabe non identifié). Signalons, enfin, l'influence locale teintée d'ironie et les jeux de mots bien algériens.

Un autre point retient l'attention et risque de créer des confusions: les méthodes ou essais de transcription de l'arabe algérien n'apparaissent pas clairement ni dans la première partie de l'ouvrage ni dans l'inventaire.

Pour kouba (coupole) six orthographes différentes sont mentionnées. Pour la lettre arabe on utilise et et makam echchahid et maqam echchahid.
Pour le gâteau algérien, makroud, avec, sept orthographes sont alignées.

En fait, le problème se pose pour d'autres lettres de l'alphabet arabe:

-           dans khol (antimoine);

-           dans kheima (tente).

Il en est de même pour la lettre qui est représentée par dans mawloud (fête).

Un autre risque de confusion entre les prononciations de mahboul (fou) avec la lettre.

D'autres axes intéressants se dessinent sur le phénomène des emprunts que d'aucuns considèrent comme une invasion de termes étrangers qui occupent le terrain linguistique. Pourtant c'est la conséquence d'une longue coexistence de deux communautés et de deux langues en raison des cent trente années de l'ère coloniale.


Aujourd'hui, explique Kateb Yacine, la langue française est un butin de guerre. Elle nous appartient et nous entendons la préserver aussi jalousement que nos langues traditionnelles. La tendance actuelle des deux langues ne peut que s'ouvrir sur l'universel et l'utilisation de plusieurs manières de s'exprimer et de reconnaître la diversité culturelle et linguistique.


Avec la mondialisation, il y a un risque de plus en plus grave, c'est d'instaurer le monopole du langage imposé par la puissance économique au détriment du multilinguisme. L'anglais est sur ce plan la langue qui domine pratiquement toutes les autres langues ou expériences. En revanche et à titre d'exemple, le français essaye de rester ouvert aux autres langues et détient une somme d'emprunts assez considérable qui datent de l'époque gauloise de l'influence du latin, de l'arabe, de l'anglais etc… Une étude de ces emprunts montre comment au cours des siècles, l'enrichissement et l'adoption ou l'acceptation de plusieurs mots ou même expression font aussi de notre langue.

 

28/10/2008

Francophonie et droits des peuples!

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Source : http://www.temoust.org/spip.php?article6973

Près de 40 représentants de peuples autochtones francophones, venus de différentes régions du monde, se sont rencontrés les 17, 18 et 19 octobre à Québec, dans la région du Wendake, dans le cadre du 2e Congrès de la Coordination autochtone francophone (CAF). Sous le thème « Les droits des peuples autochtones dans la francophonie », cette rencontre a eu lieu en parallèle du XIIe sommet de la francophonie qui réunit des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage.

L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) est l’hôte de ce 2ème Sommet des peuples autochtones qui ont le français comme langue de partage et qui viennent d’Afrique du Nord, d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Ouest, d’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que du Pacifique. « En cette année de célébration du 400e de la ville de Québec, il est bon de souligner la présence ancestrale des peuples autochtones, ici comme partout dans le monde, ainsi que l’urgence de reconnaître et protéger leurs droits », a affirmé le chef indien de l’APNQL, Ghislain Picard, en ouverture du Sommet.

Les questions relatives à la protection des langues autochtones et de la diversité culturelle dans la Francophonie, la gestion des ressources naturelles et les industries extractives en territoire autochtone, l’impact des changements climatiques sur la vie des peuples autochtones, ainsi que les femmes autochtones et la question de la parité dans les pays de la francophonie sont parmi les enjeux abordés lors de ce congrès. Etaient présents à titre d’observateurs, des membres d’Amnistie Internationale, de la Commission canadienne de l’UNESCO, de Droits et Démocratie, ainsi que du Réseau Dialog et de l’Instance permanente sur les questions autochtones.

Ce Congrès n’aurait pas pu se tenir sans la collaboration étroite du Groupe International de Travail pour les peuples autochtones (GITPA) avec l’appui financier su Secrétariat d’Etat aux affaires autochtones (Québec), du ministère des Affaires étrangères du Canada, du Sénat coutumier Kanak de Nouvelle Calédonie, du ministère français d’Outre mer, de Droits et Démocratie (Montréal), du Grand Conseil des Cris, du ministère Intergouvernemental (Québec), du Réseau Dialog, de la section Unesco (Canada) et de l’Association Inuksiutiit Katimajiit (Québec).

Lors de ce congrès, les participants ont profité de l’occasion pour interpeller les chefs d’Etats et de gouvernements de la Francophonie, réunis dans la ville du Québec, à travers une lettre adoptée par l’assemblée, leur demandant de mettre en application, la Déclaration des Nations unies sur les peuples autochtones, adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2007.

A la fin des travaux de ce 2ème sommet des peuples autochtones francophones, un nouveau exécutif de 13 membres était élu. Il est présidé par un indien du Québec, comme pays hôte de ce sommet, la vice présidence est revenue à une organisation du pays qui recevra le prochain congrès à savoir le Burundi (Afrique centrale). La trésorerie, quant à elle, est revenue à Ferhat Mehenni, président du MAK (Algérie). Imazighene ont eu droit à 4 sièges au sein du Bureau exécutif : 2 pour les Touareg du Sahel (Mali et Burkina-faso), 2 pour l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie). A rappeler que le premier congrès de la CAF a eu lieu en 2006 à Agadir au sud du Maroc.

 
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