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31/03/2011

Un autre Regard sur la Russie

 

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Par Alexandre Latsa.

Le 20 mars dernier, c’était la journée de la francophonie dans le monde. La francophonie c’est quelque chose. Pensez donc: près de 65 millions de Français, et on estime aujourd’hui le nombre de locuteurs réels du français dans l'ensemble des pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie à près de 250 millions.

Dans le  Québec canadien, en Suisse Romande, à Monaco, en Wallonie belge, le français est la langue maternelle de la population. Dans les pays du Maghreb, c’est la seconde langue utilisée, et dans de nombreuses ex-colonies françaises d’Afrique sub-saharienne, le français est resté la langue officielle et administrative. En 2010, la langue française est la 8ème langue la plus répandue dans le monde par nombre de locuteurs, et c’est une des six langues de travail  de l’ONU avec le mandarin, l’espagnol, l’arabe, l’anglais et le russe.

La langue française, jusqu’au 20ème siècle, a bénéficié d’une aura exceptionnelle à l’étranger et notamment en Russie. Dès la fin du 18ème siècle, sous l’influence d’Elizabeth 1ère, le français s’impose progressivement comme langue des courtisans. Pour la haute société de Saint-Pétersbourg, parler français était même devenu parfois plus naturel que parler russe. Cette prédominance de la langue française est par ailleurs présente dans toute l'Europe des lumières, puisque l'élite intellectuelle de nombreux pays (monarques, diplomates, femmes du monde, écrivains) s’exprimait généralement en français.

Malgré de nombreuses interdictions liées au rejet de la révolution française, l’empereur russe Paul Ier communiquait lui-même presque exclusivement en français. Au début du 19ième siècle, la langue française était encore très répandue dans la noblesse russe. Pouchkine, par exemple, parlait mieux français que russe, ce qui lui valu le surnom de Француз (“Le Français“).

Autre exemple: dans Guerre et Paix, le célèbre roman  de Léon Tolstoï, l’un des personnages affirme que “même étant né en Russie, il pense en français“, car cette langue représente pour lui “la manière de parler mais aussi celle de penser“. Dans le courant de ce siècle, certains grands écrivains russes créaient leurs œuvres dans les deux langues, russe et français, puisque qu'ils parlaient français en famille, dès leur plus tendre enfance.

Jusqu’au début du 20ème siècle, le français était également la langue des diplomates. En 1905, le traité de paix russo-japonais fut, par exemple, rédigé en français. Pourtant, le 20ème siècle marqua le début du déclin de la langue française, déclin que les pessimistes affirment irréversible, en corrélation directe avec l’importance prise par la langue anglaise surtout depuis 1945. Malgré cela, l’attachement traditionnel et formel au français s’est prolongé durant le 20ème siècle en Russie, ou parler français était toujours la marque d’une éducation de bon niveau et aussi d’appartenance à une certaine élite.

Pour cette raison, de nombreuses familles soviétiques aimaient que leurs enfants parlent le français. Depuis la fin de l’Union Soviétique, la langue française n’a pas disparu en Russie, mais son influence s’est réduite. Elle est supplantée par l’anglais et l’allemand  jugés plus utiles pour travailler. Au début des années 1990, selon les données du ministère russe de l’Education, 55% des écoliers apprenaient l’anglais, 34,9% l’allemand et 8% seulement le français, contre 20% dans les années 1960.

Autres chiffres, selon l’ambassade de France, qui bénéficie des données communiquées par le ministère fédéral de l'Education et de la science, il y avait en 2009 en Russie 410.000 personnes apprenant le français dans l'enseignement primaire et secondaire et 344.000 dans le supérieur, ainsi que 6.250 enseignants de français dans le primaire/secondaire, et 5.750 dans le supérieur. Ce déclin de l’apprentissage de la langue française touche malheureusement la Russie comme le reste du monde, sauf l’Afrique qui est en très forte expansion démographique.

Parallèlement, il y a aussi un recul de l’enseignement de la langue russe en France. Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, confirmait cette baisse l’année dernière, durant l’année France-Russie. En 2008, 14.000 élèves apprenaient le russe en France dont 48% en 3ème langue, et 29% en 2ème langue. Il faut noter qu'en 20 ans, le nombre de ces élèves a diminué de 50%.  L’effectif des enseignants baisse aussi et sur les 85 universités françaises, seules 22 proposent l’enseignement du russe, contre 25 en 2005, par exemple. Il y a environ 260 professeurs certifiés ou agrégés qui enseignent le russe aujourd’hui dans le secondaire français contre 487 en 1989.

Cette baisse de l’intérêt pour la langue russe en France s’explique sans doute en partie par l’image négative véhiculée par les médias depuis une douzaine d’années. Il faut pourtant rappeler que les perspectives économiques sont très encourageantes dans la zone russophone d’Eurasie, ce qui devrait inciter les Français à apprendre le russe mais également les Russes à apprendre le français. De nombreuses entreprises françaises, grandes et petites, sont en cours d’implantation en Russie et dans la zone russophone, mais il reste encore difficile de trouver, dans de nombreux domaines de l’activité économique, des spécialistes russes francophones ou des spécialistes français russophones.

Pour terminer sur une note positive, saluons ceux qui font vivre la langue de Molière jusqu’au bout de l’Eurasie. C’est le cas de la principale agence d’information multimédia russe, RIA Novosti qui dispose d’une version en langue française de son site internet et ce depuis 2000! L’agence s’adresse également depuis cette année en langue française aux lecteurs francophones sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter avec toujours la même logique: permettre de mieux comprendre la Russie d’aujourd’hui. Il est même désormais possible de discuter en direct avec les journalistes/traducteurs sur Facebook.

A une plus humble échelle, citons également le travail d’Olga, enseignante de français à l'Université pédagogique de Blagovechtchensk et également responsable du Centre de ressources en français. Depuis 2005, elle fait vivre avec son équipe la langue et la culture française en extrême orient russe, via un journal en français intitulé: “salut ça va“ ainsi que via “le blog des Français et de l'amour". Comme Olga le dit elle-même: “L’échange interculturel ne fait que renforcer l'intercompréhension de nos deux peuples et aide à mieux se comprendre. Le dialogue entre nos deux cultures apporte l’unique richesse qui compte, celle de l’esprit“.

Une belle initiative, à soutenir et sans nul doute, à reproduire.

21/07/2008

Congrès Mondial des professeurs de français

 

1453779638.jpg Le congrès mondial des professeurs de français accueille 1 500 participants du monde entier à Québec

 

Communiqué de presse FIPF (13 juillet 2008)
Le comité organisateur du XIIème Congrès mondial de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) dévoile la programmation de son Congrès et fait état de l’avancement des travaux préparatoires. Ce sont environ 1 500 professeurs de français en provenance de 152 pays et territoires différents qui convergeront vers Québec le 20 juillet prochain pour assister à un congrès riche en contenu.

Placé sous le thème Faire vivre les identités francophones, le Congrès de la FIPF constitue un moment fort chez les professeurs qui partagent un lien commun puissant : celui de l’amour pour la langue française. Confrontés à diverses réalités, dans leur pays respectif, les congressistes auront l’occasion d’échanger et de débattre sur des sujets des plus actuels : enjeux sociopolitiques, didactiques et pédagogiques, culturels et littéraires, ainsi que ceux reliés aux nouvelles technologies.

Notons que c’est son Excellence Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, qui prononcera l’allocution d’ouverture du XIIème Congrès de la FIPF, le lundi le 21 juillet et au nombre des conférenciers invités mentionnons :
Mme Rachida Azdouz, psychologue et vice-doyenne à la Faculté de l’éducation permanente de l’université de Montréal qui prononcera la conférence d’ouverture.
M. Bernard Cerquiglini, linguiste et recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), fera une conférence portant sur les enjeux sociopolitiques.
M. François Mangenot, chercheur, professeur à l’Université Stendhal Grenoble 3 et spécialiste de la didactique et de l’exploitation du multimédia, prononcera une conférence sur les enjeux technologiques.
M. Claude Germain, professeur titulaire au Département de linguistique et de didactique des langues à l’Université du Québec à Montréal et Mme Joan Netten, professeur émérite à la Memorial University of Newfoundland, prononceront une conférence sur les enjeux pédagogiques et didactiques.
M. Alain Mabanckou, auteur et professeur au Département d’études francophones et de littérature comparée à l’Université de Californie à Los Angeles, prononcera une conférence sur les enjeux culturels et littéraires.
M. Conrad Ouellon, président du Conseil supérieur de la langue française du Québec, prononcera la conférence de clôture.

Les professeurs de français du Québec et du Canada anticipent avec beaucoup de bonheur la tenue du Congrès de la FIPF et la venue de leurs collègues de tous les continents dans la ville de Québec qui souligne cette année le 400ème anniversaire de sa fondation.

À propos de la FIPF

Fondée en 1969, la Fédération internationale des professeurs de français rassemble aujourd’hui quelque 172 associations réparties dans plus de 130 pays sur tous les continents. Tous les quatre ans, la FIPF tient un congrès mondial en collaboration avec différents partenaires. La FIPF compte environ 80 000 membres et son rôle s’articule autour des trois principaux objectifs suivants :
- Promouvoir le français partout dans le monde, contribuer à la qualité de son enseignement ainsi qu’à la diffusion des cultures francophones dans le cadre du plurilinguisme et du dialogue des cultures
- Favoriser les échanges et le dialogue entre les enseignants de français
- Informer, mettre en relation, diffuser des documents et contribuer à la communication entre tous les acteurs du français, associatifs et institutionnels, bilatéraux et multilatéraux

Pour connaître tous les détails de la programmation du XIIème Congrès de la FIPF, consultez www.fipf-quebec2008.com

Source
Comité organisateur du XIIème Congrès de la FIPF
Information : Jean-Christophe Nicolas
Optimum relations publiques (418) 521-3760

 
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