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03/09/2008

L'Inde : d'un monde à l'autre.

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L’anglais possède le statut de deuxième langue officielle de l’Union indienne.

Contrairement aux idées reçues, on estime que seuls 9% de la population parlent couramment cette langue qui sert de lingua franca entre les différentes parties du pays. L’anglais constitue ainsi pour le Sud de l’Inde un outil bien utile pour contrebalancer l’hégémonie nordiste du hindi.

Toutefois, des évolutions notables se produisent en matière d’enseignement de l’anglais.

En Inde, l’application des programmes de l’enseignement primaire dépend de chacun des Etats de l’Union. Or, bien souvent, l’anglais était enseigné en tant que matière facultative, voire n’était pas enseigné du tout. La cause était avant tout politique, articulée autour de la vieille idée selon laquelle promouvoir l’anglais consistait à se conduire en « laquais » de l’ancienne puissance coloniale.

Les temps changent cependant et de nombreux états s’emploient aujourd’hui à développer une éducation  linguistique plus favorable à l’anglais. L’objectif est double : il s’agit tout à la fois de faciliter l’accès des populations de ces états à des emplois qualifiés mais aussi, dans le même temps, de favoriser la croissance économique en tirant profit des emplois créés.

 

En Inde comme ailleurs, on perçoit bien que le vingtième siècle finit de mourir. Les langues apparaissent beaucoup moins politisées et les plus jeunes générations les considèrent avant tout comme des instruments de « formation professionnelle » qui engagent moins leur identité que leur avenir.

Heureuse langue anglaise qui voit pulluler dans toutes les villes d’Asie du Sud-est des centres qui proposent son enseignement. Chaque devanture constitue un encouragement à apprendre cette langue, ainsi formidablement exposée.  On fera certes ici semblant d’oublier que le revers de la médaille est bien réel et que le nombre de ces instituts ne constitue pas la garantie de la qualité d’un enseignement… qui se révèle souvent peu efficace. Mais il s’agit sans doute d’un autre problème.

Reste que le français devrait se nourrir de cette dynamique. Notre action linguistique et culturelle à l’étranger doit se débarrasser de ses dernières susceptibilités « post-coloniales », de ses pudeurs qui tournent aujourd’hui à la pudibonderie.

Surtout, il s’agit bien de cibler plus précisément les objectifs à poursuivre : le français ne progressera pas si ses objectifs ne deviennent pas plus pragmatiques. Le français proposé doit avoir une vocation professionnelle affichée et défendre son « opportunisme » économique.

Les arguments sont réels et l’Afrique constitue un véritable tremplin pour conduire cette audacieuse politique linguistique.

 

 
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