Avertir le modérateur

09/10/2007

Balle au centre.

Un commentaire tout de même à propos de notre billet du 4 septembre dernier dans lequel on présentait le programme de l’Association pour « l’Avenir de la Langue Française ».
Six gestes symboliques constituent, pour cette Association 1901, l’expression d’une politique de défense des intérêts politiques de la francophonie : « drapeaux, déclarations, Constitution, communications officielles, administrations centrales et réglementations linguistiques » tout le vocabulaire juridique et technique est de sortie dans ce drôle de programme qui n’a certes pas l’ambition, à mon sens, de revitaliser la francophonie.
Je passe sur les idées politiques sous-jacentes : le rejet villiériste de l’Union Européenne notamment. On pourra beaucoup s’amuser néanmoins à lire l’article « la Belgique éclate. Que doit faire la France ? » que l’on trouve sur le site de l’association et qui s’efforce de démontrer que la partie francophone de la Belgique a vocation à rejoindre le giron français. Ainsi : « une bosse à l'hexagone ne serait pas un mal puisqu'elle pourrait enlever aux Français la détestable habitude d'appliquer ce terme à leur pays, le réduisant à une expression géographique, provinciale européenne ». Si la Belgique demandait son rattachement à la France, « son oui serait une correction d’un accident de l’histoire ».
Au secours ! Est-on sérieux ???

Bien malheureusement, la francophonie a été confisquée par de tels mouvements de pensée, qui, c’est le moins que l’on puisse dire, ne frappent pas par leur côté « high-tech »…
Aujourd’hui, un homme politique aura sans doute beaucoup de scrupules à travailler sur des problématiques liées à la francophonie car il risque à tout moment d’apparaître comme un homme de terroir, plus ou moins passéiste, et peu susceptible d’inscrire son pays dans une démarche dynamique et moderne.
Puisque le contexte politique semble propice à une « redistribution » des valeurs, que la droite n’hésite plus à parler de solidarité ou la gauche de sécurité, il serait alors peut-être temps que tous ensemble développent des discours où la langue française ne serait plus le vecteur d’un repli identitaire, mais l’affirmation d’une ambition contemporaine.
Ainsi, lorsqu’elle n’est pas franchement intégrée à des programmes d’essence nationaliste, la francophonie demeure aujourd’hui une caution intellectuelle, aux marges des programmes politiques et qui permet de rassurer l’opinion publique sur la stabilité d’un projet de société. La modernité de ce projet est toujours à rechercher ailleurs, généralement dans l’économie ou le social. Et dans ce subtil balancement de la rupture et de la continuité, la francophonie prend nettement ses positions du côté de la continuité.
Elle a pourtant bien davantage à dire ! A quand celui ou celle qui positionnera ce concept -valeur au centre du terrain politique ? Je ne doute pas qu’un être de talent saurait y trouver un espace exceptionnel et une approche novatrice, intéressante et médiatique. Alors, certains gestes auront du sens… Afficher un drapeau deviendra significatif… et seulement alors, les symboles feront sens et deviendront pertinents.
Tant que cette revendication du projet francophone ne sera pas développée par des hérauts crédibles de la scène politique, nous nous situerons dans un apparat qui n’aura pas de légitimité.
Cette légitimation pourrait être facilitée toutefois… à condition que le développement d’une assise populaire forte rende inévitable l’intégration de la donne francophone dans le débat politique.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu