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08/09/2008

Une rentrée anglaise...

 

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Le ministre de l’Education nationale, Xavier DARCOS, a annoncé à l’occasion de la rentrée scolaire, qu’un effort spécifique serait conduit en direction des écoliers français, afin qu’ils puissent mieux maîtriser l’anglais.

« Les petits Français, les jeunes Français n’arrivent pas à maîtriser l’anglais, or c’est un handicap considérable dans la compétition internationale (…) Nous allons donner à tout le monde ce que les familles les plus aisées offrent à leurs enfants par des stages linguistiques à l’étranger » a-t-il précisé.

Concrètement, les mesures prises seront les suivantes :

-         Des stages d’enseignement seront organisés durant les vacances et en marge des horaires normaux. Ils pourront se dérouler dans le cadre des deux heures de soutien hebdomadaire que le Ministère souhaite mettre en place dans les écoles et les collèges.

-         Des dispositifs d’auto-formation seront développés via Internet, labellisés par le Ministère.

-         Des stages à destination des lycéens seront eux aussi organisés lors des périodes scolaires propices : en février, début juillet ou fin août.

Ces mesures seront financées sans dotation budgétaire : ce sera l’occasion pour les enseignants de profiter d’heures supplémentaires. Les intervenants pourront aussi être des répétiteurs, des étudiants anglo-saxons qui viennent réaliser des stages pédagogiques dans les établissements français, à travers des accords signés entre les différents ministères de l’Education.

 

Globalement, ces mesures apparaissent plutôt pertinentes. La prise de conscience de l’inefficacité relative de notre politique d’enseignement des langues étrangères dans les établissements des premier et second degrés est primordiale. La volonté d’y faire face est louable.

Reste que cette priorité absolue accordée à l’anglais reste discutable… S’agit-il de faciliter la mise en œuvre du dispositif ? Il faudrait alors le préciser car le choix d’une langue doit demeurer une opportunité relativement ouverte. Tant sur le plan individuel que collectif, il est important que les hommes et les groupes humains puissent demeurer au centre de dynamiques qui valorisent le multilinguisme. Dans un univers condamné à s’ouvrir vers « tous » les autres, se focaliser sur quelques uns de nos partenaires pourrait s’avérer une fausse piste d’ouverture interculturelle.

 

30/07/2007

Anglophonie en blog!

Ouvrir un blog sur la francophonie… cela revient rapidement à parler de l’anglais. Nos discussions le montrent.
Débats sur l’anglais langue facile ou au contraire pleine de subtilités, sur l’anglais tout puissant dont il faudrait absolument parvenir à contrer l’influence…
Sacré cousin, que cet anglais dont nous ne parvenons jamais à nous détacher totalement !

Devant cette langue, nous évoquons bien souvent des grandeurs passées… Guillaume le Conquérant qui impose le français auprès de la noblesse anglaise, le français langue des tsars de Russie et des élites de très nombreux pays, et d’ailleurs toujours aujourd’hui langue officielle de l’escrime internationale…
Excusez mon ironie relative sur ces éléments. Elle est déplacée. Ces positions sont enviables.

Néanmoins, je crois que nous serons longtemps condamnés au ridicule si nous ne sortons pas de la logique d’affrontement dans laquelle on estime que le français se développera en gagnant des parts de marché sur l’anglais.
Encore une fois, je considère véritablement que le contexte linguistique de demain va beaucoup évoluer. Il faudra envisager ces éléments sur ce blog, réfléchir notamment aux évolutions technologiques considérables qui vont introduire une nouvelle donne autour des problématiques de l’enseignement des langues.
Mais surtout, arrêtons de considérer que parler une et une seule langue soit une donnée première, logique et indépassable. Presque la moitié de la population de ce monde vit dans un environnement multilinguistique… et qu’on le veuille ou non, il faudra bien accepter de désaxer un peu notre égocentrisme en la matière.
Sur ce terrain, nous sommes probablement encore dans une perception préhistorique des choses. Qu’un Français, qu’un Allemand apprennent l’anglais en première langue étrangère… ça ne me dérange aucunement. Que cette langue domine afin d’assurer une certaine intercompréhension, encore moins, sous certaines réserves. La semaine dernière, quelqu’un disait que cette place était « peu enviable ». Je n’en suis pas certain, loin de là, mais pour le moment les faits sont posés. L’anglais est la grande langue de l’intercompréhension au niveau planétaire. Tant pis ou tant mieux. Ce sont des faits. C’est une base de travail.

Car il y a de la place "derrière", et même une place gigantesque, à considérer selon les théories économiques. Les besoins en matière linguistique ne sont pas des besoins fermés. La problématique n’est pas l’anglais ou le français, le français ou le thaï, l’ouzbek ou le breton … Nos intelligences sont capables de beaucoup et les besoins de communication dans le monde de demain où les interconnexions se multiplieront quasiment à l’infini seront énormes.
Surtout...cet « arrière plan » ne constitue pas les restes d’un festin… car ce seront sans doute ici que se situeront les véritables enjeux liés à des évolutions stratégiques de rapports de force entre états. C’est ici que la francophonie doit s’installer, une francophonie décomplexée qui aura compris ce que parler veut dire.

Arnaud PANNIER

19/07/2007

La tolérance... il y a des maisons pour ça!

« On dit souvent que l’anglais est la langue la plus facile à mal parler. Mais politiquement, un des plus grands atouts de l’anglais, plutôt que sa prétendue (et fallacieuse) facilité, c’est la grande tolérance des anglophones, natifs ou seconds, à accepter des non-natifs un anglais plein de fautes, un anglais « cent » fautes, alors que le français reste trop associé au « sans » faute. »

Voici la réaction d’Aleks à mon dernier billet. S’il l’accepte, je l’utilise pour poursuivre la réflexion amorcée. Cette « tolérance » peut sans doute se comprendre, notamment aux Etats-Unis, pays d’immigration où chacun a dû s’intégrer dans la nation commune en se plongeant dans un grand bain linguistique identitaire. Culturellement, les Américains ont ainsi pu développer une approche beaucoup plus souple et créative vis-à-vis de l’anglais. Ils ne jetteront donc peut-être pas la pierre à quelqu’un qui commet des erreurs mais l’encourageront pour faciliter son insertion.

Traditionnellement, le jeune Français forge quant à lui son identité linguistique dans l’apprentissage des règles grammaticales et orthographiques de la langue. Il la perçoit donc selon des angles restrictifs. L’éducation… dont l’une des vocations reste malgré selon ce que l’on peut dire, de séparer le bon grain de l’ivraie, élira donc… ou en tout cas valorisera, ceux qui « maîtrisent » leur langue.

Je ne milite pas pour une « révolution » en ce domaine. Après tout, il s’agit là d’une conséquence de notre Histoire, de la continuité générative de notre état et cela participe donc d’une conscience identitaire. Par ailleurs, les réformes de l’Education Nationale de ces trente dernières années s’efforcent de concilier  maîtrise et expression créatrice. Peut-être peut on aller plus loin en ce sens… sans doute le faut il, mais demandons nous néanmoins s’il est possible d’envisager une expression véritable à partir du moment où l’élève ne maîtriserait que trop peu les outils qui lui permettent de diffuser sa pensée.

Par contre certaines attitudes, sans conteste, sont haïssables. Je pense à un garçon de café s’énervant d’un couple de Japonais qui s’efforçait de passer leur commande dans un français approximatif. Quelques secondes de perdues rue de la Huchette, est-ce un crime de lèse-majesté ? Je pense à des passants, sans doute plus timides que méchants, qui poursuivent leur chemin plutôt que de prêter attention aux efforts balbutiants de touristes qui désirent un renseignement… Ce sont des scènes auxquelles j’ai assisté. En avez-vous d’autres ? Elles sont malheureusement nombreuses… Or, on touche là finalement au fond du problème. La francophonie, c’est aussi développer une attitude citoyenne et respectueuse de l’autre. Répondre en anglais à un touriste américain ou brésilien, se faire comprendre par un jeu de mime, sourire, tout cela engage des rapports humains, fonde ponctuellement une société qui partage de l’identité… une identité qui rassemble et permet d’envisager un avenir commun. Et puisque nous parlions d’école, il y a sans doute là de quoi associer citoyenneté et francophonie et ainsi intégrer ce concept parfois difficile à exprimer, à des programmes scolaires souvent peu fournis en la matière.

Arnaud PANNIER

 
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