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18/09/2008

Vive les bébés polyglottes...

 

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Depuis le début du mois de septembre, une crèche d’un nouveau genre vient d’ouvrir dans le quartier de Yen Akart, à Bangkok. Il s’agit d’une crèche francophone qui accueille les enfants de 18 mois à 10 ans. Ce centre est ainsi structuré:

-         une crèche bilingue français/anglais pour les plus petits.

-         des ateliers artistiques et linguistiques pour les plus grands.

Pour Claire Holbein, directrice pédagogique du centre et spécialiste du bilinguisme précoce, « apprendre tôt plusieurs langues éveille l’intérêt vis-à-vis des autres cultures, l’ouverture au monde, et favorise même le développement de la logique ».

 

Le programme de la crèche s’articule autour d’une thématique mensuelle enseignée en anglais et en français de manière parallèle. « On va par exemple apprendre les légumes ou les couleurs dans les deux langues, explique Eugénia Galian, une maîtresse d’origine singapourienne, mais à travers des activités différentes d’une langue à l’autre. Le tout est de garder l’équilibre entre les deux langues en terme de temps consacré aux activités. »

 

Une maîtresse = une langue. Car de la même façon que dans un couple mixte, il est important que chacun des deux parents communique toujours avec l’enfant dans une même langue, afin que ce dernier puisse distinguer les deux canaux de communication, les maîtresses d’Acacia s’emploient à rassurer leurs jeunes « élèves » : Claire communique en français avec les petits, Eugénia s’exprime toujours en anglais avec eux.

 

A partir de trois ans, les enfants peuvent suivre des ateliers au sein desquels ils peuvent développer des aptitudes langagières à travers les arts plastiques ou la chanson.

Pour l’heure, les ateliers linguistiques sont en français et en anglais mais le chinois et le thaï devraient bientôt faire leur apparition dans le programme de formation.

 

Vous voulez en savoir davantage ?

Rendez-vous sur le site d’Acacia : http://www.centre-acacia.com/

 

29/08/2007

Le plurilinguisme : un idéal?

Voici quelques semaines, nous parlions du Cadre européen commun de référence, un instrument qui permet de « calibrer » l’enseignement des langues en Europe, de définir des seuils et donc d’harmoniser les niveaux d’apprentissage dans les différentes langues de l’Union.
Je suis tombé cette semaine sur un rapport intitulé « Le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) et l’élaboration de politiques linguistiques : défis et responsabilités. » Ce document a été produit suite à un forum intergouvernemental sur les politiques linguistiques, forum qui s’est déroulé à Strasbourg, du 6 et 8 février 2007.
Je l’utilise ici pour m’efforcer de contrer la vision traditionnelle qui se développe souvent lorsque l’on réfléchit à une politique de diffusion linguistique. En effet, une telle vision rétrécit considérablement les débats car finalement, le fait de vouloir diffuser une langue est toujours perçu avec ambiguïté. On glisse rapidement : diffuser une langue… diffuser une culture… diffuser une vision politique… Bref dans de nombreux contextes, la crainte du néo-colonialisme n’est jamais bien loin et cette crainte constitue un handicap flagrant pour le développement des compétences linguistiques des individus, des jeunes Européens en particulier.
Alors, je reprends quelques éléments sur lesquels insiste Francis GOULLIER dans ce rapport, dans son étude sur « l’Impact du Cadre européen commun de référence pour les langues et des travaux du Conseil de l’Europe sur le nouvel espace éducatif européen ».
Il y souligne le risque de voir les aspects exclusivement opératoires du CECR découler sur la mise en avant des savoir faire communicationnels, qui s’accompagneraient « du mépris de la nécessité d’une familiarisation des élèves avec l’espace culturel européen et de l’oubli des composantes culturelles et interculturelles qui conditionnent pourtant une véritable communication et qui légitiment d’ailleurs en partie le besoin de plurilinguisme. » (p.40 - 41)


Le plurilinguisme et non la substitution. Il s’agit là d’une donnée fondamentale et qui, je le crois, possède un arrière-plan pas encore complètement transparent. Les conflits perpétuels qui secouent la planète depuis toujours entretiennent bien entendu un sentiment de méfiance vis-à-vis de l’extérieur… et des langues de ces espaces. Les perceptions d’ouverture, d’enrichissement personnel dans l’apprentissage des langues étrangères, sont des perceptions très modernes. Finalement, pendant très longtemps, apprendre la langue d’un autre, ce n’était ni plus ni moins que se soumettre et l’on est en droit de se demander si cette conception des choses a entièrement disparu.
De fait dans nos systèmes éducatifs, cette problématique pourrait conduire à des remédiations, à des réflexions en terme d’interdisciplinarité (Histoire, Langues Vivantes par exemple) qui ne me semblent pas encore d’une puissante actualité.
A travers ces éléments, je m’interroge sur un frein « culturel » qui fait de la langue un média communicationnel et culturel pour lequel on entretient peut-être encore une légère méfiance, méfiance juste assez forte pour briser l’évident besoin des élèves de partager les langues de l’Union comme l’on partagerait les récoltes d’un champ où tous ont travaillé.

Pour achever ce billet, je donne ici la définition du plurilinguisme, telle que la donne le Conseil de l’Europe :
« Une personne plurilingue possède :
- un répertoire de langues et de variétés linguistiques
- des compétences de nature et de niveau différents selon les langues.

L’éducation plurilingue encourage :
- la prise de conscience du pourquoi et du comment on apprend les langues choisies
- la prise de conscience de compétences transposables et la capacité à les réutiliser dans l’apprentissage des langues
- le respect du plurilinguisme d’autrui et la reconnaissance des langues et de leurs variétés, quelle que soit l’image qu’elles ont dans la société
- le respect des cultures inhérentes aux langues et de l’identité culturelle d’autrui
- la capacité à percevoir et à assurer le lien entre les langues et les cultures
- une approche globale intégrée de l’éducation linguistique dans les curricula. »
http://www.coe.int/T/DG4/Linguistic/Division_FR.asp#TopOfPage

Un modèle en direction duquel il faut encore travailler !

 
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