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07/10/2010

Hommage à Cambodge soir

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Par Philippe Latour, premier rédacteur en chef de Cambodge Soir, et Jérôme Morinière, ex-directeur de Cambodge Soir Hebdo

La mort d’un journal est toujours un crève-cœur. Pour ses lecteurs, pour ses journalistes et employés administratifs, pour tous ceux qui, au fil du temps qu’il égrenait dans ses colonnes, l’ont soutenu moralement et financièrement. Ce jeudi 30 septembre 2010, le dernier numéro de Cambodge Soir sera distribué dans les kiosques de Phnom Penh et aux abonnés du journal. Ayant survécu depuis 1995 aux vicissitudes et aux troubles politiques agitant un pays émergeant de vingt ans de guerre, le principal organe de presse francophone du royaume khmer sera mort d’une cause trop ordinaire : le manque de financements.

Le premier numéro, concocté avec une équipe de jeunes journalistes cambodgiens tout juste recrutés, affichait en Une la mine réjouie des supporters de Jacques Chirac, célébrant dans un salon de l’hôtel Cambodiana la victoire de ce dernier à l’élection présidentielle française, début mai 1995. Cette simple anecdote illustre, parfois à revers, les trois principes sur lesquels se sont fondées, pendant toutes ces années, à la fois la raison d’exister et la survie du journal : indépendance, francophonie, formation.

Dans un pays où la presse est officiellement libre mais les médias sous influence, Cambodge Soir est rapidement apparu, puis resté, comme une des rares sources d’information indépendante et fiable sur l’actualité politique, économique, sociale et culturelle du pays. Dès le départ, l’équipe du journal avait affirmé son indépendance vis-à-vis des représentants de la Francophonie qui soutenaient financièrement le journal et à l’encontre des partis politiques cambodgiens eux-mêmes. Elle fut, dans l’ensemble, toujours respectée.

Dans les années 1990, la « Francophonie » servit largement, peu de diplomates s’en cachaient, à renforcer l’influence de la France dans ses anciennes colonies. C’est donc tout naturellement que ses instances cherchèrent à favoriser au Cambodge la création, comme au Vietnam et au Laos, d’un organe de presse francophone. Cambodge Soir se devait d’apporter la preuve de la vivacité de la langue française au pays du roi Sihanouk. Il faut dire aussi que les anciennes générations, les élites politiques et culturelles, les jeunes formés à l’Alliance Française tout comme de nombreux exilés revenus au pays et les Français expatriés, formaient un public francophone qui faisait de cette aventure éditoriale bien davantage qu’un prétexte à subventions. Cambodge Soir eut très vite un public fidèle, que la publication, pendant un temps, d’une version en langue khmère, ne fit que renforcer.

Aujourd’hui, la langue française n’est plus ce qu’elle était au Cambodge, les crédits qui y sont consacrés non plus. Et le marché publicitaire, guère dynamique, n’a jamais permis de couvrir la moitié des frais liés à la publication de Cambodge Soir. Cela explique en grande partie la décision des actionnaires des Editions du Mékong de mettre fin à la publication du journal, quotidien devenu hebdomadaire depuis une première grave crise en 2007. Nous ne leur en voulons pas, sachant combien ils se sont battus, au fil des années, pour la survie du titre, sans en retirer d’autre bénéfice que la fierté de maintenir à flot cet îlot de liberté éditoriale et de langue française. Nous trouvons par contre regrettable que les budgets de la coopération française ou des institutions défendant la Francophonie ne permettent plus d’aider suffisamment au financement et à la pérennité de médias tels que Cambodge Soir.

Nous ne pouvons qu’être inquiets pour les vingt-huit journalistes et employés du journal qui vont, ces jours-ci, perdre leur emploi et nous appelons les administrateurs du journal à s’assurer qu’aucun d’entre eux ne soit laissé au bord du chemin sans une aide appropriée. Car si la plupart des cadres du journal furent d’origine française ou occidentale, nul doute que la qualité éditoriale du journal dut beaucoup à l’énergie et au talent des journalistes cambodgiens.

Cambodge Soir fut une véritable pépinière : plusieurs dizaines de jeunes journalistes y ont appris les règles, les contraintes et les joies de ce métier. Certains, comme Ung Chansophea, qui en 2009 a reçu le prix RFI-RSF-OIF de la liberté de la presse, ont vu leur travail reconnu internationalement. Beaucoup continuent leur carrière au sein d’autres médias. Ils ont contribué, et contribueront encore longtemps, par leur esprit d’indépendance et leur conscience professionnelle, à renforcer la toujours fragile démocratie cambodgienne. C’est un lot de consolation majeure pour tous ceux qui, comme nous, regrettent aujourd’hui la perte de ce petit grand journal francophone.

Source : http://www.droitshumains-geneve.info/spip.php?article9031

16/10/2009

21e Commission du Fonds d'appui à la presse francophone du Sud

 

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La 21e Commission du Fonds d’appui à la presse francophone du Sud initié par la Francophonie en décembre 1998, se réunira du 13 au 17 octobre 2009 à Phnom Penh, au Cambodge. La cérémonie d’ouverture de la Commission, qui se déroulera à l’hôtel Sunway de Phnom Penh, le mercredi 14 octobre à 15 heures, sera présidée par son Excellence Monsieur Khieu Kanharith, ministre de l'Information, Porte-parole du gouvernement du Cambodge, en présence de Monsieur Patrice Burel, Directeur du bureau régional Asie-Pacifique de l’Organisation internationale de la Francophonie pour l’Asie et le Pacifique ainsi que de Monsieur Tidiane Dioh, Responsable de programme médias à l’OIF.

Destiné à soutenir prioritairement la consolidation de l’entreprise de presse, dans une perspective de développement à long terme, la Commission du Fonds, qui se réunit pour la première fois en Asie, est ouverte à toute entreprise de presse du Sud qui souhaite entreprendre un projet structurant. Le Fonds a appuyé, à ce jour, près de 120 entreprises de presse qui ont pu, grâce à cette contribution, acquérir du matériel informatique, des instruments de reportage, mais aussi équiper leur rédaction, développer un site Internet ou un système de gestion informatisé de leur documentation.


La commission d’experts, qui se réunit une fois par an pour examiner les requêtes déposées, suite à des appels publics à candidature, est composée d’experts internationaux de haut niveau, professionnels des médias reconnus pour leur connaissance des problématiques liées à la structuration des entreprises de presse du Sud. L’équipe d’experts qui illustre la diversité géographique de l’espace francophone est composée de madame Nayla De Freige, Administratrice du groupe L’Orient le Jour (Liban), messieurs Guy Bernière et René Boudinot, consultants auprès du programme médias de l’OIF (France), Alain-Blaise Batongué, Vice-président de l’Union internationale de la Presse Francophone et Directeur de publication du quotidien Mutations (Cameroun), Nguyen Le Hoan, Rédacteur en Chef adjoint du quotidien Phap luât Thanh phô HoChiMinh (Vietnam) et François Awoudo, Directeur de l’agence de presse Médiane Afrique (Bénin).


La Commission du Fonds d’appui à la presse est présidée par Monsieur Tidiane Dioh, Responsable de programme médias à l’Organisation internationale de la Francophonie.  

 

Source :  http://www.cambodgesoir.info/index.php?option=com_content...

© OIF

 

14/08/2008

Le français au Sénégal : qui en veut?

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De : Ousmane SANKHARE

 

 

C’est par le Sénégal que la langue française a été introduite en Afrique. Notre pays est, en effet, la première colonie où fut ouverte une école française, précisément à Saint-Louis. Autant dire l’ancienneté de cette langue sur notre territoire national, qui a révélé en 1920 le premier écrivain africain, Amadou Mapathé Dia-gne, l’auteur des Trois volontés de Malic, et surtout le premier agrégé de Grammaire et  académicien noir Léopold Sédar Senghor, le père de la Francophonie.
Mais voilà qu’aujourd’hui, le Sénégal est en passe de devenir le pays d’Afrique où l’on parle le français le plus fautif et le plus incorrect. Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs raisons pourraient expliquer cette régression du niveau des Sénégalais en français. Il est possible de dénoncer l’état catastrophique où se trouve l’Ecole sénégalaise avec ses effectifs pléthoriques, son système de double flux, ses cohortes de volontaires ou de vacataires qui en savent très souvent moins que leurs élèves ! A cela, s’ajoute la réduction scandaleuse du temps de travail qu’entraînent les innombrables fêtes et jours fériés, sans compter les multiples grèves et vacances scolaires. Hostile à la maîtrise du français est aussi l’environnement intellectuel des Sénégalais qui, dans les textes officiels, les inscriptions et les journaux ne voient et n’entendent que du français débrouyé.

Mais le mal le plus profond et le plus insidieux réside dans ce nationalisme de mauvais aloi qui revendique, comme le dit l’écrivain Mamadou Traoré Diop, «le devoir patriotique de mal parler le français». Telle semble être, du reste, l’opinion de certains linguistes autoproclamés, qui ont l’art de faire de l’enseignement des langues nationales un fonds de commerce politicien et qui prétendent qu’aucun Etat ne s’est développé avec l’usage d’une langue étrangère. C’est simplement ignorer que le français n’est pas né sur le sol de l’Hexagone, que la langue de Molière est plutôt celle de Jules César. C’est bien ce conquérant romain qui, en 52 avant J.-C., battit les Gaulois de Vercingétorix à Alésia et leur imposa sa langue, le latin, qui, par suite d’une évolution historique, a donné naissance au français.
Dès lors, il devient  patent que le français constitue, pour nous autres Africains, un précieux patrimoine culturel que nous a légué la colonisation française, au même titre que les Français eux-mêmes qui ont reçu cette langue de la colonisation romaine. Mieux, la diversité linguistique représente une grande richesse que nous devons sauvegarder en nous enracinant dans notre civilisation par l’étude de nos langues nationales et en nous ouvrant aux autres peuples par l’acquisition des langues étrangères les plus parlées à travers le monde.
Comme le français nous est échu en partage par le biais de l’histoire, efforçons-nous, sans complexe, de nous l’approprier et de le maîtriser. Voilà l’objectif pédagogique que se propose la rubrique Français débrouyé que nous avons l’honneur d’animer dans ces Cahiers de vacances. Nous vous saurions donc gré de bien vouloir nous interpeller sur les questions de langue qui vous préoccupent. Et c’est avec un immense plaisir que nous tâcherons alors  d’engager le dialogue avec vous,  lecteurs du Quotidien. Bonnes vacances francophiles !

 

 

Source : http://www.lequotidien.sn/

Article du professeur Oumar SANKHARE dans le journal sénégalais "le Quotidien".

 

 
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