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15/08/2010

Au Rwanda : une rentrée en anglais!

 

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Sept ans après que l’anglais s’est ajouté au français comme langue officielle, tout l’enseignement bascule à la rentrée dans cette langue jusqu’ici peu parlée dans l’ancienne colonie belge Dans les rues de Kigali, les enseignes rédigées en français se raréfient, au profit de l’anglais. Parmi les jeunes Rwandais, de plus en plus rares sont ceux qui connaissent des rudiments de la langue de Molière.

À la rentrée prochaine, c’est tout l’enseignement au Rwanda qui va basculer du français à l’anglais. Ainsi en a décidé le Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir depuis 1994. Après avoir ajouté l’anglais aux deux langues officielles (kinyarwanda et français) en 2003, c’est en 2008, en pleine rupture des relations diplomatiques avec la France, que le gouvernement a annoncé que « l’enseignement primaire, secondaire et universitaire (serait) exclusivement dispensé en anglais au Rwanda à partir de 2010 ».


« Nous donnons la priorité à la langue qui rendra nos enfants plus compétents et qui servira notre vision de développement du pays », avait justifié le président Paul Kagame, réélu lundi 9 août pour un nouveau septennat. Il justifiait cette décision par le fait que l’anglais était plus usité dans les affaires et faciliterait l’intégration du pays dans la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), dont les autres membres sont anglophones.

 

Pour adhérer à cette organisation est-africaine, Kigali avait claqué la porte en 2007 de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac), regroupant les pays francophones et lusophones de la région. Et dès 2006, le Rwanda avait demandé à adhérer au Commonwealth, ce qu’il a obtenu fin 2009.


Beaucoup de Rwandais voient des raisons politiques non dites à ce changement brutal. En effet, l’élite au pouvoir est en grande partie composée d’anciens exilés tutsis ayant fui les massacres ethniques de 1959 en se réfugiant dans les pays voisins, notamment l’Ouganda. À l’image de Paul Kagame, installé en Ouganda à l’âge de 4 ans, l’intelligentsia du FPR a fait ses études, puis travaillé dans un contexte à 100 % anglophone, tout en parlant la langue nationale, le kinyarwanda.


Pendant ce temps, au Rwanda, au contraire, l’anglais était peu prisé. « Au lycée, on avait deux heures par semaine, et c’était le cours que l’on “séchait” le plus régulièrement ! », se souvient Armand, ingénieur de 37 ans. « Aujourd’hui, dit ce père de deux enfants, je suis capable de comprendre, de m’exprimer et de passer un examen en anglais, mais mon niveau reste basique. Le passage à l’anglais peut avoir du sens, mais il aurait dû être mis en œuvre plus progressivement. »

Alors que, dans les premières années post-génocide, beaucoup de membres du pouvoir, ne parlant pas français, faisaient l’effort de l’apprendre, le retournement décrété en 2008 a pris de court l’élite francophone. Censé ne concerner que l’enseignement, le passage à l’anglais s’est en fait imposé dans tous les secteurs de la société, tant dans l’administration que dans les affaires et le monde des ONG.

 

Professeurs, avocats, hauts fonctionnaires craignent maintenant d’être marginalisés au profit de collègues anglophones. « Comment puis-je aider mes enfants à faire leurs devoirs ? s’insurge un responsable francophone d’une ONG rwandaise. Je constate qu’ils perdent leur français et apprennent un mauvais anglais. Tout cela n’est qu’une manière d’exclure et de mater l’élite restée sur place au Rwanda. » Cette situation est particulièrement mal ressentie par les Tutsis « de l’intérieur », qui, après avoir été les principales victimes du génocide de 1994, ont vu l’intelligentsia venue d’Ouganda truster les postes à responsabilité. « C’est leur régime, ajoute le responsable d’ONG. Et il est tellement facile de prétendre avoir obtenu tel ou tel diplôme en Ouganda, ce qui est invérifiable…»

« Il faudrait redonner le goût du français avant qu’il ne soit trop tard », estime un professeur d’université. Mais qui peut le faire, alors que l’école française et le centre culturel français sont fermés depuis quatre ans et qu’il n’existe pratiquement plus aucun lieu non scolaire où apprendre le français au Rwanda ? À Kigali, l’école belge est réputée, mais des établissements anglophones sont aujourd’hui plus cotés.


Le Rwanda est resté membre de l’Organisation internationale de la francophonie, qui a ouvert une dizaine de centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) en milieu rural et soutient quelques événements culturels.

Mais, du côté français, le budget en faveur de la diffusion de la langue au Rwanda est égal à… zéro. Néanmoins, l’ambassade prévoit de relancer des cours de français en soirée dans les locaux de l’école française, qui rouvre à la fin septembre. Côté anglophone, en revanche, dès l’annonce du passage à l’anglais, des organisations telles que le British Council – qui a ouvert un centre à Kigali en 2008, le DFID (agence de développement britannique), le gouvernement américain ou encore l’ONG américaine WorldTeach ont fait part de leur disponibilité pour accompagner la réforme.

Après avoir souffert d’une pénurie d’enseignants francophones après 1994, à la grande joie de professeurs congolais désœuvrés, c’est maintenant la course à l’anglophonie. L’ensemble du corps enseignant devait suivre cet été des sessions d’anglais obligatoires.

Dans les villes, les lycéens francophones s’efforcent de basculer dans leur nouvelle langue d’enseignement. Mais si la réforme est mise en œuvre comme prévu, le français sera probablement rayé de la carte rwandaise dès la prochaine génération. Il ne sera enseigné que dans le second cycle du secondaire, à raison d’une heure par semaine, au choix avec deux autres matières, tandis que l’anglais sera enseigné dès la première année du primaire à raison de cinq heures par semaine.

D’ores et déjà, « c’est devenu un petit snobisme chez les jeunes que de parler anglais », remarque un enseignant.

Laurent d'Ersu

Source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2435214&a...

10/06/2010

Francophonie : interdite de CPI?

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La première conférence de révision de la Cour pénale internationale se poursuit à Kampala. Ouverte le 31 mai dernier, elle doit se terminer le 11 juin, et rassemble des représentants des 111 Etats. Une conférence importante pour l'avenie de la CPI, mais dont les débats, curieusement, se déroulent exclusivement en anglais. Une situation qui suscite l'indignation des délégations francophones, notamment congolaises.

 

Officiellement, la Cour pénale internationale, comme toutes les agences des Nations unies, est bilingue. A la fois française et anglaise, comme en témoigne son site internet. Mais la conférence de révision du Traité de Rome, constitutif de la Cour pénale internationale qui se tient à Kampala depuis le début de la semaine, s’est révélée être un rendez-vous exclusivement anglophone. Les intervenants de langue française étaient systématiquement traduits. Mais ceux qui s’exprimaient en anglais semblaient penser que tout le monde les comprendrait.

Même dans les débats où les francophones étaient majoritaires, comme ceux qui concernaient la République démocratique du Congo ou bien la République centrafricaine, les discussions se faisaient en anglais. Et beaucoup ont préféré quitter ces débats, plutôt que de se sentir à ce point ignorés. Janine Mandou, présidente d'une ONG congolaise, témoigne : « il y a des fois où on demandait la parole. Et comme vous parlez français, je crois qu’il n’y avait pas moyen...puisqu’il n’y avait pas d’interprète, alors ça, moi ça m’a écœurée… ».

Une situation d’autant plus surprenante que sur les cinq enquêtes ouvertes par la CPI depuis sa création en 2002, deux se déroulent dans des pays francophones, et une dans un pays arabophone.

 

Source : http://www.pressafrik.com/Francophonie-la-langue-francais...

07/05/2010

Rwanda : nouvelle donne linguistique.

 

L'administrateur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Clément Duhaime, effectue actuellement une visite de travail de trois au Rwanda pour y signer plusieurs accords de coopération, alors que le pays est en cours d'opérer une réforme radicale en substituant l'anglais au français dans tout le système éducatif et administratif, a-t-on appris jeudi de source officielle.

Cette visite de l'administrateur de la Francophonie, qui intervient quatre mois après l'adhésion du Rwanda à l'organisation du Commonwealth, regroupant la Grande-Bretagne et ses anciennes colonies, vise "le renforcement des relations bilatérales" entre cette structure et le Rwanda dans différents secteurs, notamment l'éducation et la culture, indique le communiqué du gouvernement publié jeudi matin à Kigali.


"Nous nous réjouissons du pas franchi par le Rwanda dans le développement socio-économique, petit à petit, le pays est en train de se reconstruire", a déclaré de son côté M. Duhaime, lors de sa visite au Mémorial du génocide de Gisozi, une colline surplombant la ville de Kigali où sont inhumés les corps de quelque 280.000 victimes de cette tragédie.


Interrogé par la presse sur la position de l'OIF après l'adhésion du Rwanda au Commonwealth, M. Duhaime a estimé que tous les pays avaient intérêt à être membres de plusieurs blocs en tenant compte des bénéfices que chaque nation envisage d'en tirer dans le souci du bien-être social.


"Dans la famille de la Francophonie, nous avons déjà dix autres pays qui font partie du Commonwealth et cela n'a jamais posé aucun problème", a-t-il observé, soulignant que l'OIF entretenait également une "étroite" coopération avec l'organisation du Commonwealth.


Plusieurs accords dans les secteurs culturels et scientifiques devraient être signés, selon un communiqué du gouvernement rwandais.


Au regard des conséquences du génocide, l'OIF veut mettre un accent particulier dans la promotion des projets culturels, a expliqué son administrateur.


Parmi ces projets figurent la construction d'une bibliothèque nationale et la distribution livres et outils manuels didactiques à tous les établissements secondaires et lycées du pays.


Le Rwanda est le 56ème membre de l'OIF et le 54ème pays à adhérer au Commonwealth, rappelle-t-on.

Source : http://www.afriquejet.com/afrique-centrale/rwanda/l'admin...

 
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